Des outils pour manger local et clean

À toute chose, malheur est bon : grâce au Covid, nous avons beaucoup cuisiné – et parfois plus que de raison (insérer ici votre poids actuel en quintal). Mais avec le retour du home made, se pose aussi la question de la qualité de nos ravitaillements : où trouver autour de chez soi ceux qui nous permettront de consommer frais, local et de saison ?

©Kristina Tripkovic

Fraisetlocal.fr, le bien nommé, se propose d’y répondre. Cette plateforme, lancée par le ministère de l’Agriculture, met en relation consommateurs et producteurs de proximité, sans intermédiaire. Un mois après son lancement, le site a enregistré plus de 200 000 visites.

Haro sur le cracking, les agents de texture ou les sels nitratés ! Derrière ces mots, se cachent les marqueurs de l’ultratransformation, fléau de nos alimentations modernes. On le sait désormais, ces procédés industriels sont la cause de l’explosion des maladies chroniques comme le diabète, l’obésité ou l’hypertension.

Ce sont ces ennemis invisibles, entre autres exemples, que l’application Siga cherche à débusquer. L’entreprise française a aussi noué un partenariat avec l’enseigne Biocoop, afin d’établir un bilan sur les produits de sa marque distributeur et réorienter leur reformulation. Un score affiché sur l’emballage permettra aux consommateurs de se repérer.

Le numérique pour retrouver l’esprit du magasin

Le live streaming a le vent en poupe. Devenu courant en Chine, ce registre séduit de plus en plus les distributeurs français qui multiplient les tests, souvent en partenariat avec les marques et des influenceurs, sur Facebook, Instagram ou Twitch… Fnac Darty et Moulinex ont ainsi organisé des lives avec Cyril Lignac pour promouvoir leurs robots en action.

©Artem-Beliaikin

Dans les grands magasins, les traditionnels services de « personal shopping » basculent eux aussi de plain-pied dans le monde virtuel, avec des services de shopping à distance, rendus possibles avec l’essor des outils collaboratifs et de live vidéo.

Du côté des petits commerces, les initiatives se multiplient pour les aider à traverser la crise, avec l’aide du numérique. Voire à se saisir de l’occasion pour acquérir de nouvelles cordes digitales à leur arc : solutions de Click & Collect clés en mains avec Rapidle, par métier comme Sessile pour les fleuristes, marketplaces responsables comme CocoteAvec aussi l’aide des territoires : Tout Toulouse Shopping est une application qui réunit 1200 commerces, développée par la Fédération des associations de commerçants et artisans, et soutenue par Toulouse Métropole et la région.

Le dernier kilomètre efficace et responsable

Avec l’essor du e-commerce, la question de la livraison est devenue cruciale pour le secteur du retail. On ne compte plus les récits à propos de ce jour de RTT pris pour un colis jamais venu, ou d’un jeu de piste cocasse à la recherche d’un paquet perdu… Sans compter l’empreinte écologique, entre explosion des usages, packaging et suremballages, ou retour clients. En 2018, 20 millions de colis ont ainsi connu un échec de livraison à la première présentation !

Plusieurs startups se sont mis en tête de résoudre ces frictions et autres externalités négatives propres au segment du dernier kilomètre. Parmi elles, on citera Pickme, qui permet via son application de se faire livrer chez un voisin dans un rayon de 200 mètres. En échange de ce microservice, le « keeper » est rémunéré jusqu’à 1 euro par colis. Hipli s’attaque à la question du suremballage, avec des colis réutilisables plus de 100 fois. La jeune pousse travaille avec plus de 100 marques, comme Camif, CDDiscount ou Showroomprivé.

©Louis Dupressoir

Jouer solidaire, collectif, circulaire

Les acteurs de la distribution peuvent aussi servir de plateformes aux nouvelles solidarités. Depuis 2013, Castorama s’associe avec Le Relais, une entreprise de réinsertion professionnelle pour la campagne #ramenetonjean, mêlant impact social et économie circulaire. Le principe ? Collecter de vieux vêtements pour en faire des panneaux isolants performants et durables. En 2019, l’opération a permis de collecter 228 tonnes de vêtements, d’isoler 228 maisons et de créer 148 emplois solidaires.

©Castorama

Autre signe des temps, la montée en puissance des gouvernances collectives, comme les mutualistes ou les coopératives. C’est le choix fait à Rennes, dans le quartier populaire du Blosne, par L’Établi des Mots. Cette nouvelle librairie a choisi d’exercer ses activiéts sous le statut de SCIC (Société Coopérative d’Intérêt Collectif). Chacun peut ainsi acheter des parts sociales, à partir de 20 euros, et s’impliquer dans la vie de cette librairie « généraliste, indépendante et participative » qui donne un nouveau souffle au genre.


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