Et demain, la distribution réinvestira-t-elle l’économie locale ?

Les métropoles, les agglomérations et les régions ont largement soutenu les commerçants. Les plans d’urgence, dons, mesures fiscales et fonds de redémarrage pleuvent pour aider les acteurs économiques dans les territoires qui ont beaucoup souffert pendant la crise sanitaire. Des initiatives qui correspondent aux attentes des Français qui sont aujourd’hui 78% à vouloir consommer local à l’avenir selon une récente enquête d’Opinion Way. Panorama d’initiatives.  

  • Les chèques solidaires des Vitrines d’Orléans

L’association de commerçants Les Vitrines d’Orléans a vendu sur son site des chèques solidaires afin de soutenir la relance de l’activité économique des commerces de la ville. Le consommateur paye un bon d’achat de 10€ et peut en dépenser 20 dans l’une des 300 boutiques de la commune. « Vous soutenez notre reprise, nous soutenons votre pouvoir d’achat  », explique l’association de commerçants.

  • Les ventes flash de Bakary Kamara

Pour participer à l’effort collectif, Bakary Kamara a lancé « Spont », une application mobile gratuite qui permet aux commerçants indépendants de réaliser des ventes flash sur le modèle des grandes enseignes. Et la solution de l’entrepreneur rouennais est vertueuse à plus d’un titre ! Elle réduit le gaspillage et promet de nouvelles visites en magasin de clients à la recherche de prix cassés.

  • Les badges solidaires d’AssAnBle

La trésorerie, encore et toujours le nerf de la guerre… En Anjou, les clients pourront y contribuer en se procurant, dans les commerces locaux, six badges à collectionner d’un montant unitaire de 3€. L’association AssAnBle, qui porte l’initiative, reversera l’argent récolté aux commerçants locaux de la commune de Segré-en-Anjou Bleu pour les soutenir dans la crise. 

  • La conciergerie locale Swiggy

Et demain, un retail hyperlocal ? En associant le big data et l’intelligence artificielle, Swiggy, une startup indienne de livraison de courses alimentaires, accélère dans l’hyperlocal. Son pari ? Transformer son application de livraison de nourriture simple en une application qui offre des services d’épicerie et de conciergerie. Les clients pourront par exemple, se fournir en viande et en soins pour animaux de compagnie. La startup, qui se penche également sur des boutiques virtuelles, va livrer ses commandes dans 125 villes indiennes. 

Et demain… la distribution se réinventera-t-elle face à la crise sanitaire ?

Entre les mesures sanitaires et de distanciation, c’est le casse-tête pour les distributeurs qui doivent faire revenir les consommateurs en magasin. Masques, gels, visières de protection… il faut équiper les équipes et assurer la sécurité des clients. Sélection d’initiatives, de mutations et de solutions. 

  • Class’Croute : quand les préoccupations sanitaires accélèrent l’adoption de circuits courts

Class’Croute et ses 128 restaurants ont repris 80% de leur activité. Pour soutenir ses franchisés pendant la crise sanitaire, le spécialiste de la restauration et de livraison de sandwiches et de plateaux repas, a ouvert un fond interne en cas d’impayés. Aussi, Class’Croute souhaite aller plus loin en matière de RSE et prévoit l’ouverture d’un restaurant 100% RSE. L’enseigne se penche déjà sur le circuit court et le fait-maison. « La période que nous vivons est à la fois effrayante et passionnante. Elle nous oblige à nous reposer la question du consommateur », explique Sébastien Chapalain, le président. Et pour assurer la sécurité de ses clients, l’enseigne n’a pas hésité à se lancer, elle aussi, dans le click and collect.

  • 0 contact pour Vengo

Vengo, spécialiste des kiosques numériques, a récemment lancé la première solution d’échantillonnage sans contact. Le principe ? Le client se connecte à la machine et reçoit sa commande sans toucher la borne. Vengo mise sur sa nouveauté pour développer sa compréhension du consommateur afin de booster les ventes de ses clients distributeurs. Un signal de l’émergence du « no touch », la vente sans contact ?

  • Masque obligatoire mais éthique avec Dream Act

Dream Act vend des masques, mais des masques éthiques ! La plateforme de e-commerce qui veut démocratiser la consommation responsable et qui regroupe 800 marques et artisans engagés, a concentré son activité sur la vente de masques en tissu. La plateforme a également refusé de vendre tout masque à usage sanitaire qui doit, selon Dream Act, être réservé au soignants. La cofondatrice, qui porte un fort plaidoyer sur la consommation responsable, a fait parler d’elle avec sa récente tribune : « Pourquoi je n’achèterai pas de toboggan sur Amazon pour ma fille en ce moment ? »

  • Traçabilité des médicaments pour Meditect

En matière de transparence,  Meditect a des arguments !  Juste avant le déconfinement, la jeune startup bordelaise spécialisée dans la traçabilité des médicaments a levé 1,5 million d’euros pour déployer sa solution. Grâce à la technologie blockchain, les pharmacies partenaires pourront authentifier leurs inventaires en scannant chaque boîte du stock. Pour rappel, un médicament sur six est falsifié dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la Santé. 

Et demain… la distribution continuera-t-elle de soutenir gratuitement des publics ?

En quête de proximité et de générosité, les consommateurs sont très friands des initiatives solidaires qui semblent s’affranchir des codes marketing habituels. Quand l’empathie et l’humain triomphent, l’expérientiel prend tout son sens.

  • Concerts pour The Kooples

Kooples, la griffe rock, a joué à fond la carte communautaire pendant le confinement. Sur son compte Instagram, la marque a décidé de miser sur une relation non marchande avec sa communauté. Elle invite des artistes à jouer en live pour les diffuser sur ses canaux digitaux, lance des concerts tous les vendredis et des playlists chaque semaine. Et les jeunes clients adorent poster leurs selfies avec les vêtements de la marque qui sait s’en saisir pour les poster sur ses réseaux sociaux.

  • Entraînements numériques pour Nike et Decathlon

Nike n’est pas restée les bras croisés pendant le Covid-19 ! La marque à la virgule a lancé son Living Room Cup, une série d’entraînements numériques. Des athlètes d’envergure mondiale, comme Cristiano Ronaldo, lancent des défis que les internautes doivent relever. Dans la même veine, on retrouve une autre initiative de Decathlon, qui avait déjà gagné le cœur des Français avec son fameux masque Easybreath. L’enseigne préférée des Français a, elle aussi, invité ses clients à la pratique du sport. Comment ? En offrant les accès à ses plans d’entraînement gratuitement. Cardio-fitness, boxe, pilates… il y en a pour tous les goûts. Decathlon affirme à nouveau superbement sa raison d’être. 

©Alexander Rothker
  • Faire savoir le soutien des citoyens pour DoohYouLike

Nous sommes nombreux à avoir applaudi et remercié chaleureusement ces soignants et ces travailleurs qui ont pris des risques pendant la pandémie. Une réalité qui a poussé l’entreprise DoohYouLike, spécialisée dans l’installation de panneaux digitaux en magasin, à innover. Les clients sont invités à partager leur solidarité avec le personnel en point de vente en prenant un selfie et en écrivant un court message. Les posts solidaires ont été diffusés sur 500 écrans dans 300 magasins en Ile-de-France. « À notre échelle, nous avons fait de nos écrans un réseau social engagé in real life, avec pour objectif de partager des bonnes ondes et accompagner les Français dans cette période si singulière », explique Fabrice Guez, le cofondateur.

Faire ses courses pendant le confinement, avec la distanciation sociale, c’est aussi être confronté à de longues files d’attentes. Qu’à cela ne tienne ! Chez Monoprix, on a lancé une « gazette de la file d’attente ». La file d’attente, le nouvel élément clé des stratégies marketing des distributeurs ? Nul doute que la retail tech y travaille d’arrache-pied ! Solidaire, Fila Indiana, indique aux clients, grâce à son application, le temps d’attente devant les magasins… de façon à fluidifier les parcours et réduire la proximité.

  • IKEA baisse ses prix face à la baisse potentielle de pouvoir d’achat

Propice à l’intimité, le Covid-19 serait aussi la promesse d’un baby-boom ! C’est ce que prévoit en tout cas IKEA. L’enseigne suédoise d’ameublement envisage ainsi d’augmenter ses stocks de fournitures bébé. Mais pas seulement ! Le groupe prévoit également de baisser les prix de plusieurs produits et d’élargir sa gamme de produits bon marché. L’enjeu pour l’entreprise ? Anticiper une baisse du pouvoir d’achat de ses clients post-confinement. « Les tendances sont similaires à ce que nous avons vu après la crise financière en 2008, les gens ont moins d’argent », a déclaré récemment Jesper Brodin, le PDG à Reuters.

Et demain… la distribution continuera-t-elle de prêter main forte ? 

La pandémie était à son pic, il fallait réagir vite pour participer à l’effort collectif. Les entreprises de la distribution les plus agiles ont pu répondre rapidement aux besoins, tant matériels qu’humains. Certaines ont inventé de nouvelles solidarités et débloqué des ressources qui manquaient tant… quand d’autres ont profité du confinement pour accélérer leur transition écologique et sociale, et offrir des solutions durables, à des consommateurs toujours plus soucieux de la protection de l’environnement et des solidarités. Sélection. 

  • Besoin de renforts humains ? Laponi a la solution

Que faire quand les salariés manquent ? Certains acteurs de la distribution ont puisé dans les effectifs d’autres entreprises qui ont dû fermer, dans la restauration ou le prêt-à-porter par exemple. La grande distribution a joué le jeu et l’on parle déjà d’une centaine de transferts de salariés. La startup Laponi propose une solution d’accompagnement. Comment ça marche ? Un algorithme sélectionne des profils pour répondre à l’absentéisme d’un salarié et automatise toutes les étapes, du contrat à la signature !  « C’est en train de se mettre en place et c’est la première fois que cela prend autant d’ampleur en France », se réjouit Marion Oliveira, la fondatrice de la plateforme. Il faut dire que la pratique pourrait bien se développer à l’avenir si on l’encadre d’avantage…

  • Solidarité alimentaire pour Meal Merci!

Et demain, un retail circulaire et solidaire ? Meal Merci! est une jeune startup parisienne qui livre des paniers apéros et des brunchs confectionnés à partir de produits exclusivement locaux et avec un service zéro déchet. Malgré la fermeture de sa cuisine, Meal Merci! n’a cessé de contribuer à son échelle à plusieurs actions de solidarité. La startup a cuisiné pour les soignants et reversé un euro pour chaque commande au collectif Raliment qui distribue des repas aux plus précaires.

  • Mise à disposition de flottes pour les concessionnaires

L’industrie automobile et son tissu important de concessionnaires dans les territoires a su se montrer solidaire. Le concessionnaire CAMA, en Guadeloupe, a mis à disposition de la Croix-Rouge, en pleine crise sanitaire, plusieurs de ses véhicules pour lui permettre de répondre à ses missions auprès des familles fragilisées. Le réseau Opel a fait la même opération pour le personnel soignant, dès le mois de mars .