8 initiatives qui renouvellent la tech

Le 8 oct. 2021

Les nouvelles technos vont toujours plus vite, et intriguent autant qu’elles enthousiasment. Environnement, inclusion, neuro-droits... Gros plan sur huit initiatives pile dans l'air du temps – qu'il soit présent, ou à venir.


Les nouvelles techs et l’Affaire du siècle

Si le numérique nous a sauvé la mise pendant la crise, ne nous leurrons pas : son impact sur l’environnement est bien réel. En 2019, il constituait 2% des émissions GES, et si rien n’est fait, pourrait même dépasser l’empreinte du transport aérien en 2040…

Et si on misait sur l’écoconception pour un numérique plus soutenable ? Des designers éthiques se sont regroupés dans une association de recherche-action autour de la conception responsable et durable. Au programme ? Conférences, interviews et tables-rondes en accès libre et gratuit, ateliers de design participatifs et un guide bilingue d’écoconception numérique. Rendez-vous sur Website Carbon Calculator.

Small is beautiful, et ça marche aussi pour la philanthropie... Aux États-Unis, la jeune organisation à but non lucratif Gen E, fondée par Kristen Kammerer, veut embarquer dans notre quotidien le geste du microdon en faveur du climat. Et pour cela, elle mise sur une app à l’esthétique ultra-léchée, pour « aligner lifestyle et valeurs pro environnement » à chaque transaction.

Repousser les limites

Ces initiatives nouvelles technos nous plongent dans un futur aux airs de sci-fi, et pourtant elles sont à nos portes… Êtes-vous prêts à embarquer dans le nouveau monde ?

Qu’aurait pensé André Breton de la réalité virtuelle tactile ? Dans le cadre du programme européen H-Reality, des chercheurs du CNRS planchent sur l’haptique : toucher et interagir avec les objets dans un environnement virtuel. Jusqu’ici peu exploré par la réalité virtuelle, le sens du toucher permet pourtant une plus grande immersion. Au moment où les métavers occupent les plans stratégiques des géants du numérique (coucou Mark Z.), autant dire que ces nouvelles interactions sont promises à un bel avenir.

© Anna Shvets

Après les fake news, serons-nous envahis par les synthetic medias ? En Chine, une startup mise sur l’IA pour générer des vidéos publicitaires. Choisissiez un visage, des vêtements, des mouvements, une voix, le message… quelques lignes de code plus tard, vous voilà propriétaire d’un contenu au tarif compétitif. Surreal vise les commerçants en ligne qui veulent réduire leurs coûts marketing… et a visiblement tapé dans le mille : la startup a déjà généré plus de 10 millions de commandes, selon le média spécialisé TechCrunch.

Saviez-vous que le Chili propose une vision pionnière des technologies ? La Chambre des députés a récemment approuvé une loi sur les "neuro-droits" ou droits du cerveau, devenant ainsi le premier pays au monde à légiférer sur les neurotechnologies. Ce que dit cette loi ? Le développement scientifique et technologique devra être au service des personnes et mené à terme dans le respect de la vie et de l'intégrité physique et psychique. À quand une déclaration universelle des neurodroits de l’Homme ?

Des nouvelles techs toujours plus inclusives

Parité, diversité, accessibilité… les nouvelles technologies seront-elles au rendez-vous de l’inclusion ? Peuvent-elles nous aider à faire société ? Le numérique par et pour tous et toutes, c’est la nouvelle ligne de code des nouvelles techs !

Code Academy, comme son nom l’indique, est une école de code en ligne. Dans le cadre du mois de l’histoire des LGBTQ, l’école a proposé une leçon bien particulière. L’enjeu ? Plonger dans les réalisations des militants LGBT qui ont influencé la tech. Saviez-vous qu’Edie Windsor, figure LGBT et programmatrice chez IBM, a avancé les bases de la légalisation du mariage gay en 2015 aux États-Unis ? Windsor a d’ailleurs donné son nom une bourse d’études pour permettre aux jeunes queer et non-binaires de faire carrière dans la tech.

© Darina Belonogova

Georges Boateng est, lui aussi, un pionnier ! Il figure parmi le classement des « Moins de 35 ans » du fameux MIT Technology Review. C’est mérité : face au sous-équipement informatique qui touche certains jeunes au Ghana, son entreprise, SuaCode.ai a développé un cours de code de huit semaines sur smartphone. 600 diplômés de 24 pays différents ont pu ainsi apprendre le langage java depuis leur mobile. Le fondateur rêve d’offrir de bonnes bases de code à une nouvelle génération de jeunes panafricains.

Et en France, on aime tout particulièrement le travail mené par le CEFCYS. Sous cet acronyme, se révèle le cercle des femmes de la cybersécurité, qui agit pour valoriser les femmes dans l’univers encore très masculin de la sécurité des systèmes d’information – à peine 11% de femmes dans le secteur en 2019, comme nous le rappelait Bertrand Trastour, directeur général de Kaspersky dans Et Demain Notre ADN l'Emission !


<< Résolutions : Nouvelles technologies, ancienne démocratie ?


Interview Idées : Sabrina Feddal, experte cybersécurité >>

10 initiatives pour engager la transformation écologique

Le 22 juin 2021

Vers une industrie décarbonée et circulaire

Avec pour horizon la neutralité carbone en 2050, le gouvernement a vu les choses en grand pour l’industrie : 1,2 milliard d’euros vont être mobilisés pour aider les industriels qui portent un projet d’efficacité énergétique. De quoi faire de l’industrie française une arme de réduction massive de l’empreinte carbone, comme le soutient Alexandre Saubot, président de France Industrie ?

Et si les industries misaient sur le recyclage énergétique ? C’est le cœur de métier de EcoGreenEnergy, une entreprise qui implémente des solutions de revalorisation d’énergie thermique. L’entreprise, présidée par Amandine Aubert, se targue d’avoir déjà effacé 20 000 tonnes de CO2.

Effacer du carbone ? C’est aussi l’objectif de Carbonauten, qui ne cesse de séduire les jurys de concours d’innovation. La jeune entreprise allemande a développé une technologie qui transforme les résidus de biomasse en biocarbone. Ce matériau peut être ainsi utilisé comme substitut aux plastiques, ou comme matériaux de construction ou encore comme biocarburant. Une fois utilisés, ces matériaux peuvent être recyclés ou à nouveau réutilisés.

NET Materials® ©Carbonauten

À Colombelles, dans le Calvados, les déchets font pousser les légumes ! Là-bas, la chaleur produite par l’usine d’incinération chauffe 3,6 hectares de serres où poussent 80 000 plants de tomates. « Je cherchais une énergie non utilisée qui serait perdue si je ne m’en servais pas​ », explique Pierre-Marie Battais, responsable des serres.

Saviez-vous que 4,5 milliards de cartes SIM sont vendues chaque année ? Afin d’éviter la production de plastique nécessaire à leur fabrication, Thales et Veolia se sont associés pour produire des « éco-SIM » à partir de réfrigérateurs usagés et recyclés. « En utilisant une matière recyclée, nous pouvons éviter la production de 5.000 tonnes de plastique vierge chaque année » , explique Christelle Toureille, directrice Carte SIM chez Thales.

Renault aussi a de belles ambitions en matière de recyclage ! Avec sa Re-Factory, le constructeur au losange se lance dans « la première usine européenne d’économie circulaire consacrée à la mobilité », sur les lieux de l’actuelle usine de Flins. En 2024, l’usine qui se consacre aujourd’hui à la fabrication de la Renault ZOÉ, sera divisée en 4 pôles Re-Cycle, Re-Energy, Re-Trofit et Re-Start.

Re-Factory Renault à Flins ©Renault

Pietra, la bière corse, veut brasser plus vert ! Comment ? En allant décrocher la norme ISO 14001, en misant sur son nouveau récupérateur d’énergie et sur le circuit court ! Pietra teste depuis trois ans la création d’une filière agricole avec 60 hectares d’orge brassicole déjà plantés. Un virage écologique amorcé il y a maintenant 10 ans.

Les collectivités locales et la société civile, motrices de la transformation écologique

Si la crise sanitaire a agi comme un accélérateur de la prise de conscience écologique, quel sera le rôle de la société civile dans cette transformation ? Entre sensibilisation et innovation, une co-construction de la transformation écologique semble se dessiner…

À l’instar de Synchronicity, le tout premier hub logistique hyper-urbain en mobilité décarbonée et qui met la participation citoyenne au cœur de sa réflexion ! Ce tiers lieu marseillais se positionne sur trois thématiques : l’optimisation de la gestion des déchets, le développement des circuits courts et l’IA mise au profit de l’intelligence collective servicielle. Et ça marche ! Le collectif dit avoir sensibilisé plus de 500 000 personnes. L’ambition de Synchronicity ? Diffuser la démarche partout en France…

Les transporteurs, producteurs et professionnels des déchets ont enfin leur outil ! Trackdéchets, une initiative portée par le ministère de la Transition Écologique, permet désormais de simplifier la traçabilité des déchets et d’apporter de la transparence et de la fiabilité dans la filière déchets. Une belle initiative pour réduire les risques environnementaux et sanitaires liés aux déchets dangereux…

©Michael Jin

Tous les déchets ont de l’avenir chez Cyclad ! Ateliers anti-gaspi, de réparation, DIY, conférences…,à Surgères, en Charente-Maritime, on mise sur des animations pour changer les comportements et sensibiliser les citoyens à l’économie circulaire. Et chez le syndicat mixte de collecte et de traitement, on trouve vraiment tout pour convertir le territoire : des espaces d’expérimentation pour booster l’innovation, une matériauthèque et même un accompagnement sur mesure pour entreprendre !

Les monnaies locales pour accélérer la transition écologique ? Oui ! Et c’est prouvé grâce à une récente et première étude publiée par Mouvement Sol, réseau national des monnaies locales. Aujourd’hui, la France en compte 82 complémentaires à l’euro. « Nous avons déjà pu mesurer l’impact social des monnaies locales à travers l'étude dont nous avons récemment publié les résultats, dans différentes catégories de la vie en société : la citoyenneté, la solidarité, l’écologie, l’économie et les dynamiques territoriales. Une monnaie locale est donc un outil de transformation », explique Charlotte Bazir, chargée de communication au Mouvement Sol.


<< Idées, Économie circulaire : « Aider les industriels à se poser les bonnes questions – et vite »


À suivre, Nouveau Monde, Nouveau Business : « La collectivité, plateforme incontournable de transformation écologique » >>

9 initiatives pour des dynamiques d’entreprises positives

Le 14 déc. 2020

Sous l’impulsion de la crise, les entreprises se réinventent pour un business qui fait sens : plus solidaire, engagé dans la cause en environnementale, mais également en trouvant de nouveaux leviers de croissance. Nous avons sélectionné pour vous quelques cas qui dessinent les horizons d’une entreprise performante et responsable tant sur le plan économique, social qu’environnemental.

©Pixabay

Des initiatives inclusives et solidaires

La crise du Covid-19 a révélé des élans de solidarité incroyables, et les entreprises, peu importe leur taille, ont su créer les alliances nécessaires pour relever ensemble les défis d’une économie au ralenti, et en profiter pour accélérer la diversité des profils. Revue de presse.

Lulu dans ma rue

« Il a fallu monter une nouvelle offre en 48 heures » , témoigne Charles-Edouard Vincent, le fondateur de Lulu dans ma rue, un réseau de conciergerie à Paris, où des micro entrepreneurs souvent éloignés de l'emploi rendent des services aux habitants d'un quartier : ménage, bricolage, aide à domicile…

Avec le confinement, la jeune pousse a dû cesser ses activités du jour au lendemain. À la demande de la Ville de Paris, elle s'est mise à proposer des services de livraison de courses et de médicaments aux plus vulnérables.  « On faisait face à des situations dramatiques, avec des personnes âgées qui ne mangeaient qu'une fois par jour parce qu'elles ne pouvaient plus sortir de chez elles » , explique l'entrepreneur. Le dispositif, financé par la Ville, est prévu jusqu'en septembre, mais la start-up sous statut d'entreprise solidaire n'exclut pas de le prolonger. 

©Lulu dans ma rue

Source : Les Échos Start

Oya Fleurs

La 9e édition des Etoiles du Commerce et de l’Artisanat de Bordeaux a récompensé des artisans et commerçants qui ont choisi l’initiative et l’action pour rebondir face à la crise sanitaire. Parmi les entreprises récompensées : Oya Fleurs. Sa fondatrice Caroline Soriano, fleuriste à Bordeaux, a ainsi reçu le prix de l’Agilité. Elle a développé en quelques jours la livraison à domicile et favorisé le travail avec les producteurs locaux qu’elle a trouvés et rencontrés afin d’organiser de nouveaux approvisionnements. 

Source : Sud Ouest

Carrefour

Le groupe Carrefour recrutera 15 000 jeunes en 2021, « en leur proposant soit des CDI, soit des contrats d'alternance pour les 300 métiers de nos magasins » , a annoncé son PDG, Alexandre Bompard, mardi 8 décembre sur RTL. Soit « 50% de plus que d'habitude » , a-t-il assuré. Il souhaite par ailleurs qu' « en faveur de l'égalité des chances » , 50% de ces nouveaux employés proviennent de quartiers défavorisés.

Source : France TV Info

Des initiatives pour un business responsable

Incontournable de la stratégie des entreprises, la responsabilité environnementale a également été accélérée par la crise du Covid-19.

©Arnaud Mesureur

2MX Organic

Le trio Niel-Zouari-Pigasse a fondé 2MX Organic. Cette entité spécialement créée dans le but d'acquérir des entreprises du secteur de la consommation durable et responsable a déjà levé 300 millions d’euros. Il s’agit tout simplement de la plus grosse introduction en Bourse de l'année à Paris. Signal très fort et positif.

Source : Les Échos

Renault

Le constructeur automobile a décidé de concentrer toutes ses activités liées au recyclage des véhicules et des pièces de rechange sur le site de Flins, dans les Yvelines. Baptisée ReFactory, l’ancienne usine qui produisait en masse des petites citadines se reconvertit à de nouveaux métiers tels que la conversion de véhicules thermiques vers d’autres énergies, le réemploi de batteries électriques, etc. Un pari qui doit permettre de pérenniser le site en France.

Berline Mégane ©Renault

Source : Novethic

Le Coq Vert de BPI France

Pour favoriser une émulation collective, dans le cadre d’un plan d’accompagnement de 250 millions d’euros pour les TPE et PME, Bpifrance a lancé en septembre dernier le label du Coq Vert.  « Il s’agit de fédérer un ensemble d’entrepreneurs qui ont déjà amorcé leur transition » , explique Emmanuel Schneider, en charge de la coordination du Plan climat pour Bpifrance.

Source : Ouest France

Des pivots pour surmonter l’épidémie

Face au ralentissement, voire la fermeture, de leurs activités, les entreprises trouvent de nouvelles voies pour continuer de se développer.

Accor

©Pixabay

À travers sa joint-venture avec le groupe de coworking français Wojo, Accor a ouvert des espaces de bureaux flexibles dans des hôtels en France et envisage désormais de faire venir cette activité en Espagne.

Les entreprises hôtelières trouvent ainsi dans le coworking une alternative pour céder la place aux espaces communs et générer de l’activité en l’absence de tourisme.

Source : Le Courrier

Jimmy Fairly

Pour pallier à la fermeture de ses points de vente, Jimmy Fairly propose les mêmes services que dans ses boutiques mais à domicile. La marque propose ainsi de prendre rendez-vous avec un de ses opticiens pour choisir, commander et recevoir ses nouvelles lunettes de vue sans avoir à se déplacer. Et pour assurer des déplacements à « 0 émission » Jimmy Fairly s’est associé à la marque de vélo électrique COWBOY.

Source : Jimmy Fairly

©Dana Tentis

Le Nautic de Paris 

« Aujourd'hui, avec l'annulation des grands salons de l'automne et de l'hiver qui pèsent pour 70% des commandes, nous devons nous adapter » Fabien Métayer, directeur général de la fédération des industries nautiques.

La fédération veut ainsi profiter de cette crise pour innover et se renouveler en créant le Virtual Nautic qui sera organisé le vendredi 12 et le samedi 13 mars 2021. Le plus grand salon virtuel jamais organisé en France avec près de 200 et plus de 30 000 visiteurs potentiels.

Source : France TV Info

« L’anti-fragilité passe par des humains qui anticipent et protègent »

Le 10 déc. 2020

De quelles manières la crise sanitaire a-t-elle impacté les relations entre les collaborateurs au sein de l’entreprise ?  

Joëlle Loesch, vice-présidente EMEA de Microsoft Services :   Ce qu’il faut retenir, c’est qu’il n’y a pas eu de période d’adaptation possible, mais plutôt une nécessité d’évolution rapide pour les organisations. D’un tissu d’échanges souvent informel entre collègues, nous nous sommes retrouvés dans des successions de meetings ayant chacun un sujet opérationnel dédié, ce qui a rendu l’échange plus professionnel mais un peu moins humain dans un premier temps. D’un côté ce phénomène a rendu l’entreprise efficace, mais de l’autre cela a eu un impact relationnel important qu’il a fallu rectifier par la suite. En effet, si l’entreprise ne prend pas suffisamment en compte l’enjeu de maintenir les liens sociaux, elle s'expose au risque de voir une augmentation importante des heures de travail avec pour conséquence directe un épuisement des collaborateurs. Nous sommes tous capables de faire un sprint à un moment donné, mais la vie professionnelle ressemble bien plus à un marathon. Il est important de maintenir cet équilibre malgré la distance. Autre risque : celui de la mécanisation qui empêche toute forme de projection dans l’innovation et la créativité. Si on n’a pas cette créativité, cette passion que l’on met dans le travail, on prend aussi le risque de voir des collaborateurs se distancier. On passerait ainsi d’une mobilisation très forte à une démobilisation totale.

Comment maintenir le lien, le dialogue, quand le télétravail éloigne certains collaborateurs de la vie de l’entreprise ?  

J. L. :   Comme beaucoup d’entreprises, nous avons mis en place des « pauses café » virtuelles pour favoriser les échanges informels et une convivialité, sans rapport avec le travail. Il fallait remettre l’humain au sein de la communication, et les outils technologiques le permettent facilement, notamment grâce à la vidéo. D’ailleurs, je n’ose pas imaginer ce qu’il se serait passé si on avait eu la même crise, il y a 15 ans, avec l’obligation d’avancer avec le téléphone ! Mais la crise nous a aussi conduits à une prise de conscience : les managers de premier niveau sont les points de contact avec les collaborateurs et ils ont un rôle à jouer pour humaniser et maintenir la relation. Démarrer une conversation avec ses collaborateurs en leur demandant comment ils vont ne demande pas beaucoup d’efforts mais permet d’entretenir le lien. De ce point de vue, les entreprises qui avaient de fortes cultures, ou qui avaient engagé des efforts pour recentrer leur culture sur l’individu, ont constaté une meilleure réaction face à la crise et observé une meilleure conservation de leur tissu social.

©Andrea Piacquadio

Comment les organisations peuvent apprendre à être vigilantes en matière de vulnérabilité des collaborateurs dans une perspective où le rôle social des entreprises va probablement croître à l’avenir ?

J. L.  :   La crise a remis en exergue le fait qu’on a tous des vies professionnelles et des vies personnelles. La technologie, depuis des années déjà, floute la frontière entre ces deux terrains. L’entreprise a repris conscience de cette réalité. On avait des groupes de travail au sein de Microsoft sur des sujets comme : « Comment empêcher la pénétration permanente de l’univers professionnel à travers les smartphones » , par exemple. C’était devenu une véritable problématique qu’il fallait adresser. Et en y réfléchissant, on a abouti à cette notion que j’appellerais « l’humain augmenté par la technologie » par opposition à la « technologie augmentée par l’humain ».  C’est cette idée de remettre l’humain au cœur de la technologie. Grâce au numérique, nous pouvons savoir combien de temps on passe en réunion, à envoyer des mails, ce qui permet de mieux gérer son temps. On a eu des conversations très utiles, par exemple, au sein du Comité d’établissements en Allemagne où l’on a partagé ce genre de constats et très vite, nous nous sommes dit qu’il fallait donner ces outils aux collaborateurs, non plus dans un but global de mesurer l’efficacité de l’entreprise, mais pour qu’ils puissent eux-mêmes prendre du recul par rapport à leur activité et reprendre le contrôle. Penser que l’entreprise peut protéger les collaborateurs à leur place, est une vision paternaliste et peu réaliste.

La crise a fait naître de nouvelles solidarités dans la société, comme dans les organisations. À quoi ressemblent-elles et comment les pérenniser dans une culture d’entreprise ?

J. L.  :   L'anti-fragilité de l’individu est devenu le problème de tout le monde. C’est un mouvement extrêmement fort qui a fait naître des solidarités. Je me souviens d’une entreprise d’audit financier, par exemple, qui a mis en place des cellules de soutien psychologique dans lesquelles les employés se sont investis. On a vu des solidarités entre collègues se mettre en place, mais aussi vis-à-vis de clients. Des gens se sont mobilisés de façon personnelle. Comme par exemple ces collaborateurs Microsoft qui ont développé en équipe, sur leur temps personnel, des solutions de suivi de l’épidémie. Il y a eu paradoxalement, d’un seul coup, un enthousiasme et un sens donné au travail. C’est quelque chose de fantastique, et de très inattendu qu’une réelle positivité soit sortie de cette épidémie. L’anti-fragilité passe par le fait que les humains anticipent, protègent et il est bon de voir que cela reste au cœur de nos préoccupations. Les Millennials et la Gen Z accordent énormément d’importance au sens de leur travail, à leur impact sur la société. Mais en fait, c’est tout aussi vrai pour l’ensemble des collaborateurs et quelle que soit leur génération ! Tout le monde veut donner un sens à ce qu’il fait. C’est cela qui rend l’écosystème anti-fragile, parce qu’il repose non plus seulement sur des individus mais sur des chaînes d’individus qui se sont créées autour d’actions de solidarités. La façon de les pérenniser, c’est de les remettre au centre de l’objectif de l’entreprise dont la finalité est d’avoir un impact positif sur ses clients.

©Thiszun

À l’avenir, quels seront les grands enjeux pour maintenir une relation client optimale ?

J. L.  :   La première chose, c’est de se tourner vers l’extérieur et de ne pas se refermer sur soi. L’immédiateté est liée à la technologie et du coup il est difficilement tolérable qu’une entreprise ait des process qui l’empêchent d’avoir accès à une information dont ils auraient besoin pour leur client. L’entreprise qui ne va pas réagir sur ce point va se mettre en posture de fragilité. Ensuite, il faut remettre le collaborateur au centre de la relation avec le client. Et cela passe par la responsabilisation, au sens de donner plus de pouvoir à chacun dans son rôle et sa zone d’intervention. C’est parce que l’on donne des outils qui permettent d'avoir l'information, de connaître les tenants et les aboutissants de ses propres décisions, que l’on contribue à encourager les contacts avec les clients. Il faut que les personnes qui sont devant leurs clients aient la possibilité de prendre des décisions avec un niveau d'autonomie suffisant. Qu’elles puissent décider et regarder rapidement si ce qu'elles développent fonctionne. Cela veut dire accepter le droit à l'erreur. Parce que plus on va vite, plus on fait d'erreurs et qu’il faut donc pouvoir corriger rapidement. C’est le principe de l’agilité. Il est tout à fait permis de se tromper si on corrige avec rapidité. Par ailleurs, tout change tellement vite, qu’il faut continuellement apprendre. Il n'y a plus d’acquis de connaissances. Aujourd’hui, je pense que la capacité à apprendre devient plus importante que ce qu'on a appris.

En quoi la technologie peut-elle aider à fluidifier les relations internes et externes de l’entreprise ? L’open innovation et l’intelligence collective sont-elles encore des options ?

J. L.  :   L'information est accessible de plus en plus rapidement et de façon de plus en plus complète. On parle beaucoup, par exemple, des objets connectés permettant de concevoir des services au plus proche des besoins du client, de l’entreprise ou du particulier. Je pense que ce phénomène contribue énormément à fluidifier ces relations. Cela oblige à une écoute extrêmement importante. S’ouvrir, c’est absolument crucial. Toute cette transformation en accélération permanente conduit à penser différemment le monde qui nous entoure. La technologie offre un vaste panorama de possibilités pour retisser de la relation et mettre des gens en contact de manière plus directe. La question, est de savoir ce qu'on peut en faire. Plus les entreprises vont utiliser ces technologies pour innover en étant à l'écoute des besoins, plus elles seront pertinentes et plus elles pourront apporter une réponse à une problématique business qui peut être aussi liée à une problématique de valeur. Aujourd’hui, les outils existent et dans leurs capacités à échanger des informations, ils sont prêts à intégrer des chaînes de valeurs de façon extrêmement ouverte. On pense par exemple aux open API’s qui permettent à l'entreprise, justement, de rester ouverte, adaptable et donc de pouvoir faire face à ces transformations, en augmentant son agilité. Je pense que l'anti-fragilité aujourd'hui est dans la résilience. Ça ne consiste pas du tout à construire une armure autour de soi. Au contraire. L'open innovation c'est ça, c'est l'ouverture et seules les sociétés ouvertes grandissent et se développent.

Avec le déploiement rapide de solutions pour répondre à un enjeu de digitalisation, ne risque-t-on pas d’oublier d’apporter du sens à ses parties prenantes ? Comment s’engager dans cette digitalisation sans faire l’impasse sur l’avenir et le « pourquoi » de son organisation ?

J. L.  :  Aujourd'hui, la technologie est utilisée dans le but d’améliorer le quotidien et de pouvoir être prise en main par les utilisateurs de manière simple. Mon père qui a 90 ans est ravi, avec son iPad, d'avoir un lien avec ses petits-enfants, de pouvoir faire ses mots croisés même quand La Poste est en grève. Avec la réalité augmentée, il y a des chirurgiens qui opèrent avec des casques holographiques sur la tête et qui sont capables de mettre en place une prothèse avec une précision au degré près. Cela leur donne plus de potentiel dans la manière de faire leur travail, d’atteindre une meilleure qualité et d’améliorer concrètement la vie des gens. Aujourd'hui, la transformation digitale n’est pas tant quelque chose que l’on subit que quelque chose que l’on demande. On est en demande parce qu’elle rend des services au quotidien. Mais aussi parce qu’elle est en capacité de réintroduire dans le tissu social des gens qui en avaient été exclus.

©Sabine van Erp

La technologie est-elle, par nature, "anti-fragile" ?

J. L.  :  Je pense que l'industrie dans son ensemble essaye de rendre la technologie anti-fragile. Elle rend tout le “ tissu” business et humain moins fragile en apportant des solutions qui tendent vers plus de simplicité.  On peut penser par exemple à la blockchain qui rend les transactions plus fiables. Mais en contrepartie il y a un effort extrêmement important à produire pour sécuriser la technologie, on le voit avec la cybersécurité qui devient un élément vital. Si la technologie n'a pas un niveau élevé de protection et de défense contre des attaques, elle induit alors un niveau de fragilité dans l'entreprise. Ce risque est devenu intolérable parce qu’on ne peut justement pas freiner l'avancée de cette technologie. Je pense que toute la technologie travaille dans le sens de l'anti-fragilité. Et plus elle devient anti-fragile, plus elle solidifie les entreprises qui s'appuient sur elle.

10 initiatives pour bâtir la construction de demain

Le 1 déc. 2020

Et demain, des infrastructures aux mille usage(r)s ?

Avec la zéro artificialisation nette, il va falloir faire plus de neuf avec du vieux ! Les friches commencent à séduire les collectivités locales et les architectes qui se voient bien les transformer en poumon circulaire économique et social… 

... À l’instar de l’opération MOVE, qui transforme les sites industriels inoccupés en nouveaux lieux de vie. Le décor ? 1200m² de surface aux murs décrépis dans une ancienne usine à Marseille. Ce que les quatre candidats retenus dans le cadre d’un appel d’offre souhaitent en faire ? Des ateliers d’artistes, un potager urbain, des espaces de jeux, un espace de travail pour soutenir les sans-abris et les personnes éloignées de l’emploi, du circuit court de biodéchets… On notera aussi la création de Benefriches par le bureau d’ingénierie Arcadis et l’institut Efficacity pour le compte de l’Ademe. Cet outil d’aide à la décision en libre accès aide les collectivités locales à donner une valeur monétaire aux friches, afin de faciliter leur reconversion. Il n’y a plus qu’à se lancer avec un peu d’imagination et du sens !  

©Alain Alele

Et demain des centrales de mobilité, partout ? Sogaris et le groupe RATP se lancent main dans la main dans le développement d’une nouvelle infrastructure urbaine qui mêle mobilité des personnes et des biens. Le constat ? La difficulté de trouver du foncier ! La solution ? Mixer les usages au même endroit ! Ce qu’on pourra y faire dans cette centrale ? Stationner, distribuer les colis (ah, le fameux casse-tête du dernier kilomètre), charger son véhicule électrique, retrouver son Blablacar, monter dans une voiture en libre-service... Bref, la centrale souhaite contribuer à des « services urbains de mobilité et de logistique plus efficaces, plus sobres et moins polluants ». Nous, on y voit un grand pari 😉

Et demain, des constructions toujours plus durables ?

Le secteur de la construction doit revoir ses plans pour entamer sa mue vers plus de durabilité. Notamment grâce à ces trois initiatives qui l’aideront à se décarboner un peu plus encore. Il y a urgence !

C’est en tout cas l’intention de Saint-Gobain Distribution Bâtiment France et de l’entreprise Norper qui misent ensemble sur la terre crue ! Il s’agit d’un nouveau mode de construction plutôt vertueux. La terre crue et les terres d’excavation (sols creusés) possèderaient de nombreux atouts comme une inertie thermique importante, une hydro-régulation performante ou encore une isolation acoustique efficace. « La construction durable doit répondre à trois enjeux : bien-être et santé, énergie et climat, ressources et circularité", explique Pascal Eveillard, Directeur Sustainable Business Development chez Saint-Gobain. Comme quoi, même un matériau ancestral peut offrir des perspectives d’avenir…

ECOcrete, vous connaissez ? Cette startup israélienne s’est concentrée sur un béton magique ! Sa particularité ? Conçu pour la construction marine et les structures artificielles, ce béton bio-améliorant favorise la croissance de la vie marine. ECOcrete vient de lever 5 millions de dollars pour se développer. « La santé des océans et la santé humaine sont étroitement liées. Nous ne pouvons pas protéger nos côtes tout en détruisant des écosystèmes côtiers fragiles. C'est là que le biomimétisme peut entrer en jeu : en s'inspirant de la nature et en concevant des protections côtières respectueuses de l'environnement qui profitent aux humains et à la vie marine en tant que tel » , explique Shimrit Perkol-Finkel, PDG et scientifique en chef d'ECOncrete. Un problème ? La nature a probablement la solution ! À L’ADN, on suit depuis longtemps la philosophie du biomimétisme, c’est ici et c’est passionnant. 

©Eric Dbs

Terre crue, béton qui soutient le développement de la faune et la flore… deux initiatives qui pourraient bien séduire l’Office français de la biodiversité qui souhaite renforcer la mobilisation de l'ensemble de la société civile pour enrayer l'érosion de la biodiversité. Surtout que le jeune établissement public (issu de la fusion douloureuse entre l’Office national de la chasse et de la faune sauvage et l’Agence française pour la biodiversité) vise désormais le secteur du BTP. Dans l’idéal, il faudrait suivre Metz. La bonne élève est déjà labellisée pour avoir embarqué des entreprises du BTP dans ses efforts avec des déminéralisations de cours d’écoles ou encore de la végétalisation de toitures, rapporte Le Moniteur

Et demain, plus d’innovations dans la construction ?  

Pour beaucoup d’entreprises, la crise a permis d’expérimenter des solutions digitales et la relance sera certainement l’occasion de gagner en efficacité. Saviez-vous que seulement 50% des maîtres d’ouvrage ont adopté des solutions de projets digitalisés jusqu'ici ? Un beau chantier à entreprendre !

Avec Finalcad, par exemple ? On vous présente un champion de la tech de cette année, selon le baromètre Top Tech Tomorrow, relayé par Forbes. Finalcad propose des applications de suivi de chantier. Une jolie success story, puisque l’entreprise française née en 2007 s’épanouit aujourd’hui en Espagne, au Japon et à Singapour. Dans le cadre d’une tribune, Franck Le Tendre, PDG de Finalcad, alerte sur trois enjeux pour l’avenir pour la construction : la fidélisation du personnel, de nombreux départs à la retraite et l’évolution des compétences. Et demain, on attira (mieux) les jeunes pour être au rendez-vous de la ville intelligente et durable ? 

En parlant « smart » cityPanga, le lauréat dans la catégorie Infrastructure & Cities des Digital Industry & Infrastructure Awards, est sur le coup ! Ce que la startup rochelaise propose ? La solution B-NOS, un système d’exploitation et de gestion des bâtiments et infrastructures pour connecter villes intelligentes et citoyens. Saviez-vous qu’en matière de Smart Grids, la France fait figure de locomotive en Europe avec 10% de parts du marché mondial (source : association Think Smartgrids) ? Et la 5G dans tout ça ? Elle pourrait booster considérablement le développement de l’internet de l’énergie. On le sait, on le sait, le débat est encore ouvert 😉 

©Tumisu

Et demain, David collaborera-t-il avec Goliath ? C’est en tout cas la philosophie du Prix  « David avec Goliath», de Raise et Bain & Company qui récompense la plus belle alliance entre une jeune et une grande entreprise. L’open innovation peut faire des merveilles, et peut-être plus encore dans la construction ! La preuve avec la collaboration entre K-Ryole et Bouygues Construction. La start-up a tapé dans l’œil du géant du BTP avec son cargo permettant aux compagnons de tout transporter sans efforts. Le groupe prouve son agilité, la start-up gagne des marchés et on avance concrètement sur la santé et la sécurité des travailleurs du secteur de la construction. « Pourquoi cela ne fait pas partie des préoccupations fondamentales des architectes de savoir ce que devient le corps des ouvriers sur le chantier ?  » , questionnait Philippe Simay, philosophe, dans le cadre d’une récente table ronde sur le logement social.

Et demain, plus de transparence et de collectif ?

Quel est le secret d’une rénovation et d’une transition réussie ? La gouvernance et la transparence ? On a envie d’y croire avec ces deux projets qui allient économie d’énergie et inclusion des parties prenantes. 

Comment diminuer de 30% les émissions de CO₂ de sa ville en cinq ans ? Faites un tour à Neuruppin, en ex-Allemagne de l’Est. Là-bas, on excelle en la matière ! La recette de cette ville située à 70 km de Berlin pour atteindre un parc immobilier neutre en carbone d’ici 2050 ? Beaucoup de rénovations, un guichet unique pour rechercher des financements, des plans globaux de rénovation à l’échelle d’un quartier et des réseaux de chauffage urbain. On apprend, puisqu’en la matière la France fait moins bien que ses voisins. Le Haut Conseil pour le Climat vient d’ailleurs de proposer des pistes s’inspirant des exemples européens dans son dernier rapport.

©Karsten Winegeart

Les JO de Paris 2024 à l’horizon, prise de conscience environnementale… la pression monte dans le monde du sport ! Plusieurs clubs européens se bousculent comme le Juventus Turin ou Arsenal, pour rallier un programme écolo de l'ONU. L’enjeu ? Réduire leur empreinte carbone et atteindre à terme la neutralité carbone. On a aussi remarqué le projet Greenfoot, qui vise à faire des économies d’énergie dans les bâtiments sportifs à échelle européenne avec trois objectifs : accroître la participation active des citoyens à la transition énergétique de l’UE grâce par exemple au financement participatif, améliorer l’accès au financement des propriétaires et exploitants de bâtiments sportifs pour financer les rénovations énergétiques et contribuer à une réduction de la consommation d’énergie à base de combustibles fossiles et des émissions de gaz à effet de serre dans les bâtiments sportifs. Comme le sport, demain, pour réussir toutes nos transitions, on la jouera toujours collectif…   


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10 initiatives pour repenser l’éducation

Le 17 nov. 2020

Et demain, une éducation (ou)verte ?

En aurait-on fini avec les classes fermées et les établissements à l’abri des regards ? Et demain, la nature reprendra ses droits, et jusque dans les écoles ! Mieux, on ira à elle, pour l'étudier, la comprendre et la protéger…

"Notre maison brûle et nous regardons ailleurs", voici la grille du nouvel établissement scolaire de Castelnau-le-Lez qui annonce la couleur (verte, donc) ! Ici, au nouveau groupe scolaire Jacques Chirac, on trouve des matériaux locaux en bois, des ossatures en paille de riz de Camargue, des classes modulables et des espaces verts, beaucoup d’espaces verts. Les cours de récréation seront ainsi ouvertes au public pendant les vacances, tout comme le gymnase. L’école de demain, ne sera pas seulement verte, elle sera aussi probablement ouverte (sur sa ville, ses voisins, ses acteurs locaux…) !

©Ketut Subiyanto

Aucune master class ne pourra rivaliser avec la nature, imprévisible et généreuse ! Aux États-Unis, la pandémie a fait chuter les inscriptions dans de nombreux programmes universitaires traditionnels. Et devinez qui s’en sort dans ce marasme ? Les écoles qui proposent des cours en plein air ! Comme Outward Bound (réseau international d'organisations d'éducation en plein air qui a été fondé au Royaume-Uni par Lawrence Holt et Kurt Hahn en 1941) qui connaît des records d’inscription pour ses cours. Agriculture régénérative, pêche à la mouche, aides aux associations… qui font partie des cours et qui séduisent les étudiants et leurs parents, feront-ils, demain, leur place aux côtés des cours de management et de vente ?   

Et demain, une éducation toujours plus décentralisée ?

Et demain, l’école partout ? Face à la pandémie, des solutions émergent pour continuer à apprendre de la maison. Résolument digitales, plus spontanées ou bien inspirées de pratiques anciennes, elles nous donnent des pistes sur ce que pourrait être l’éducation demain…

Les écoles sont fermées ? Qu’à cela ne tienne ! Toujours aux États-Unis, certains parents ont pris les devants en créant des micro-écoles. Le New York Times parle de la « plus grande expérience d’innovation pédagogique » de l’histoire. Comment ça marche ? On crée des modules d’apprentissages pour compléter les programmes d’histoire de l’école grâce à un enseignant à la retraite. Le prof de gym local, lui, dispense des cours dans un garage, par exemple, moyennant quelques dollars. Une ONG s’occupe de payer pour les enfants qui n’y auraient pas accès faute de moyens. Des Edtech se multiplient en ce moment pour soutenir le développement de ces micro-écoles. On s’entraîne et s’entraide sur la page Facebook Pandemic Pods, qui compte plus de 40 000 membres. « Des parents demandent si cela sera encore disponible l’année prochaine », rapporte le quotidien. Bref, nous on va suivre l’évolution de ces pods schools

©The New York Times

C’était une question de temps avant que Tik Tok ne se penche sérieusement sur les contenus éducatifs à l’heure de la pandémie. C’est chose faite avec un nouvel onglet sorti du chapeau du réseau social chinois qui compte aujourd’hui 800 millions d’utilisateurs actifs dans le monde. Son nom ? « #LearnOnTikTok », l’endroit pour découvrir des vidéos pratiques et informatives. « La société veut cultiver l’image d’une plateforme incontournable, pas seulement pour se divertir, mais aussi pour apprendre des choses plus sérieuses » , rapporte Tech Crunch. On n’allait pas laisser tout le gâteau à YouTube, là aussi, soyons sérieux !

Apprendre l’anglais sur Netflix, c’est bien, apprendre en conversant avec une personne dont c’est la langue maternelle ou qui la maîtrise parfaitement, c’est mieux ! C’est aussi le modèle économique de Cambly qui commence à se faire remarquer dans le monde des Edtech. Le principe n’est pas nouveau, seul le format a été réinventé pour se décliner « à la demande » : réservez un cours et en moins de cinq secondes, un tuteur à l’autre bout du monde vous entraîne par la discussion. Cambly a même pensé aux enfants avec une section et des professeurs spécifiques.

©Cambly

Et demain, une éducation plus inclusive ?

Qu’on se le dise, rater ses études, ce n’est pas forcément rater sa vie. Mais comment faire des études un moyen sûr de réussir sa vie ? En les rendant plus inclusives et plus adaptées à la réalité de la vie des jeunes, par exemple ? 

Revenons dans l’Hexagone, à Toulouse avec l’École de la Transition Écologique. Le pitch ? Il s’agit d’une école pensée pour les décrocheurs scolaires qui propose de les réconcilier avec l’apprentissage en combinant activités manuelles, cours classiques et projet professionnel. L’initiative s’inscrit dans l’objectif d’aider les NEETS (pour « Not in Education, Employment or Training). Vous savez, ces jeunes de moins de 29 ans qu’on décrit sans emploi, sans études et sans formations... Ils représentent presque 15% des 15-29 ans, selon Eurofound. Et demain, l’école buissonnière aura du sens et sera même diplômante 😉

©Inzmam Khan

Dans le futur, l’école sera le nouveau territoire qui prendra en compte (et soin de) la santé mentale ? Comme aujourd’hui, dans plusieurs états américains ? Tandis que le sujet explose et se démocratise sur les réseaux sociaux, le Minnesota et l’Utah permettent aux étudiants de s’absenter pour cause de stress, dépression ou anxiété. En Oregon, les élèves peuvent poser 5 jours tous les trois mois. « C’est dur d’avoir 20 ans en 2020 », disait récemment le président Macron. De quoi considérer ce besoin dans nos écoles ?

Le Rajasthan est l'un des États les plus conservateurs de l’Inde, où près de la moitié des filles et des femmes âgées de plus de cinq ans n’ont jamais reçu d’éducation formelle. C’est là-bas qu’une nouvelle école pour filles issues de milieux modestes a vu le jour récemment. Michael Daube, artiste et fondateur de la fondation Citta (à la suite d’une rencontre avec Mère Theresa et le Dalaï Lama) a décidé de construire une école pour filles mais avec un centre de développement économique pour les mamans : « L'école comptera également des artisans qui transmettront des compétences de tissage et d'impression aux mères des élèves, aux sœurs aînées et aux tantes, qui souhaitent gagner leur vie ». Et demain, les écoles dépasseront les freins économiques pour offrir à tous et à toutes une chance d’apprendre…

©Raj Rana

Et demain, une éducation numérique qui ne perd pas le sens de l’humain

Sans surprise, la pandémie accélère un peu plus le tournant numérique de l’éducation. Certains craignent que le numérique et les écrans finissent par désincarner la mission de l’enseignement. Et pourtant… 

Qui a dit qu’il fallait être collé à son clavier pour apprendre à coder ? Certainement pas Amélia Matar. La jeune entrepreneuse, passionnée par les nouvelles technologies, s’est inspirée de la célèbre pédagogie Montessori pour initier les plus jeunes aux arcanes du code et des algorithmes… le tout sans écran ! La méthode Colori propose ainsi des ateliers pour les enfants entre trois et six ans, afin de les initier au code, comme on le ferait finalement de n’importe quel autre langage, mais aussi d’aiguiser leurs aptitudes logiques et de développer leur autonomie. Le tout, avec la bienveillance et l’inclusion comme mots d’ordre. 

Passeport, le fameux cahier de vacances (que beaucoup d’enfants s’amusaient à oublier à la maison avant le grand départ), vous vous souvenez ? PowerZ entend le remplacer par un univers virtuel qui se veut être aussi addictif qu’un jeu vidéo ! Et que trouve-t-on sur la plateforme de la startup française ? Des mathématiques, de la poésie, du langage des signes, de la programmation de code ou encore des contenus sur la botanique…. Bref, l’idée est que chaque enfant trouve ses passions de façon immersive et amusante. En bonus ? Une IA qui suit les progrès de chaque enfant… De quoi faire de l’ombre à cet indispensable des étés depuis 1930 ?

©PowerZ

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10 initiatives qui mettent du baume au coeur de la beauté

Le 3 nov. 2020

Et demain, une beauté plus inclusive 

Et demain, la beauté parlera à tous les âges, toutes les sexualités, toutes les ethnies et tous les corps sans exception ! Un woke récent mais des initiatives par milliers qui nous rassurent et nous projettent dans un futur où il y aura autant de définitions de la beauté que de personnes. 

Faut-il encore présenter Pinterest ?  Ce réseau social, qui nous inspire grâce à ses collections d’images, a compris la nécessité de l’inclusion et de la diversité et a opéré des mises à jour qui vont dans ce sens. Recherche par carnation, essais de rouges à lèvres personnalisés grâce à la VR… désormais des femmes toujours plus nombreuses sur la plateforme d’inspiration pourront se sentir représentées. Mais l’inclusion et la diversité, ce n’est pas qu’une affaire de fonctionnalités : après quelques polémiques, la plateforme américaine a nommé au mois d’août Andrea Wishom, une femme noire, dans son conseil d’administration. Pourquoi c’est important ? Une récente étude américaine fait état d’un engagement sur la diversité plutôt éphémère chez les marques de beauté… 

Formula Z Cosmetics

« Les filles sont la beauté et je voulais changer cela. Je voulais m'assurer que chacun a le sentiment d'avoir sa place dans le monde de la beauté », voici ce qu’avait en tête Zach Dishinger avant de lancer Formula Z, une marque de produits de beauté vegan, sans cruauté, sans paraben et sans gluten. Amoureux du maquillage depuis son enfance, Zach a lancé son entreprise à 15 ans et la fait grandir aujourd’hui à côté de ses études. « Le monde a besoin d'une marque qui aide les gens à être eux-mêmes », explique Zach. Au fait, vous saviez que L’ADN a exploré la génération Z en long en large et en travers dans le cadre de sa dernière revue ? Pour un portrait 100% sans filtre et pour tout comprendre de ceux et celles qui feront demain, c’est juste ici

Difficile de parler inclusion sans parler âgisme. D’ailleurs, Mesdames, Messieurs, balancez vos crèmes anti-âge ! Désormais, elles osent changer de terminologie pour s’appeler crèmes ou sérums sans-âges ou intemporels ! Tula, une marque de soins de la peau probiotiques, a récemment lancé une nouvelle catégorie de soins « sans âge » . L’enjeu pour cette jeune marque ? Donner une touche positive au vieillissement. Le début d’une nouvelle ère ? Et demain, la beauté changera tout son logiciel sur la vieillesse, elle ne sera plus tabou, mais désirable et assumée. Nous, à L’ADN, on a adoré la (très étrange) rentrée littéraire et sa petite bombe, Laure Adler, qui avec son « La voyageuse de nuit », nous prévient : « La révolte des vieux ne fait que commencer ». Elle nous rassure aussi : « La vieillesse peut rimer avec la beauté »… 

Et demain, une beauté plus locale 

Ok pour l’intelligence artificielle, la beauté gamifiée, ou préventive… mais la beauté, c’est aussi prendre soin de soi et quand on peut le faire avec des formulations transparentes, naturelles et inspirées de nos terroirs et parfois même de nos ancêtres, on en redemande…

« Passez aux soins visages ultra frais », vous invite Freedge Beauty sur son site qui propose sérums, gelées et masques avec toujours la même promesse : du soin naturel, bio et local. Les soins à base de jus bios ultra-frais sont fabriqués à la demande. On note la démarche zéro déchet qui permet de renvoyer ses pots en verres vides pour être réutilisés. À retenir également, les beauty freedge, ces petits frigos pour garder ses cosmétiques bien au frais, cartonneraient sur Amazon… « Hop dans le blender, ce fenouil et cette rhubarbe feront un gel parfait !  » Et demain, le triomphe de la smoothie beauty ?

Haeckels

"Un petit géant qui défie le monde des soins de la peau », voilà comment se définit Haeckels. Son credo ? Des produits sur mesure et à la demande venu tout droit de Margate (Royaume-Uni), à base d’algues récoltées à la main, approche très durable et artisanale donc. Mais la marque pousse un peu plus loin sa démarche écologique avec sa dernière innovation (qui lui a valu un Wallpaper Design Awards) : un emballage biocontribué. Késako ? Il s’agit une « protection à partir de mycélium (le système racinaire filiforme des champignons) et de déchets agricoles, avec des informations produit imprimées sur du papier recyclé parsemé de graines. Ce matériau « vivant et respirant » fonctionne comme du plastique, mais peut être cultivé, recyclé et se décompose facilement », indique Wallpaper. Durable, local, sur mesure et artisanal… Haeckels a des chances d’être encore là, demain !  

Et demain, une beauté plus durable 

Conjuguer durabilité et sécurité, c’est le défi auquel est confronté la beauté. Raccourcir les chaînes de production, montrer patte blanche côté ingrédients naturels, se passer des plastiques et des conservateurs tout en gardant un prix juste… la beauté se rêve clean !

Plus de 1,5 million de types différents de champignons existeraient dans notre écosystème, il fallait bien qu’ils nous aident à réinventer la beauté ! Le reishi, le tremella, le chaga… retenez ces noms, ils vont débarquer dans nos cosmétiques et même dans le domaine de la santé. On parle d’un marché à 59,48 milliards de dollars (45,5 milliards de livres sterling) en 2021, selon Stylist. Et même Vogue se pose la question : « Comment les champignons pourraient aider à résoudre le problème des déchets de l'industrie de la beauté ». Bref en ingrédient actif et même en emballage, le champignon a vraiment tout bon…

L'Oréal-Lanzatech-Total

Chez L’Oréal, on a fait alliance avec Lanzatech et Total afin de produire le premier flacon cosmétique en plastique issu d’émissions industrielles en carbone. Et il s’agit là d’une première mondiale ! Comment ça marche ? LanzaTech capte les émissions industrielles de carbone et les convertit en éthanol, Total utilise un procédé de déshydratation innovant développé avec IFP Axens, pour transformer l’éthanol en éthylène, avant de le polymériser en polyéthylène et L’Oréal utilise le polyéthylène ainsi produit pour fabriquer des emballages. Le géant des cosmétiques promet que certains de ses flacons de shampoings seront issus de ce matériaux dès 2024 et fait un clin d’oeil au secteur pour le suivre dans cette mini-révolution circulaire… 

56 073 préventes sur les 300 prévues ? On peut parler d’un lancement réussi sur KissKissBankBank ! « Innovant et totalement en phase avec nos modes de vie, toujours à la recherche d’éviter de gaspiller », dit Florine. « Idée simple et écolo, continuez !  », plussoie Olivier ! Mais qu’est ce qui vaut autant d’enthousiasme ? C’est 900.Care, une marque d’hygiène qui fait le pari de supprimer toutes les bouteilles de nos salles de bain. Comment ? Tout simplement avec des produits fabriqués en France à recharger ! Déo en stick à recharger, dentifrice en pastilles, gel douche à dissoudre, bref les bouteilles à acheter et à jeter, c’est bel et bien fini. Et quand on voit le succès de la campagne, on se dit que 900.Care sera surement là, lui aussi, demain… 

Et demain, une beauté plus engagée 

Et demain, une beauté qui prendra vraiment soin des femmes ?   Des marques qui veilleront à leur santé mentale, leur autonomie, leur émancipation et leur sécurité ? Concernées par ces enjeux, pressées par des célébrités, les marques ont désormais le devoir d’être des alliées. 

Saviez-vous que Lancôme a déjà formé 250 femmes contre l’illettrisme ? Que Maybelline s’est engagée sur l’anxiété et la dépression ? Qu’Yves Saint Laurent Beauté s’est emparé du sujet des violences conjugales à travers un partenariat avec l’association « En avant toute(s) » et une enveloppe de 255 000 euros ? « La marque s’engage à nous soutenir dans nos interventions, financièrement et matériellement, ce qui correspond à des besoins réels aujourd’hui", explique Ynaée Benaben. Dans le cadre de la campagne "Aimer sans abuser", elle organise des séminaires de formation pour sensibiliser les équipes d'Yves Saint Laurent Beauté, et notamment les conseillères de vente, afin de leur permettre de mieux comprendre les mécanismes de la violence au sein du couple », explique Challenges. Et demain, une beauté plus impliquée dans la vie des femmes ?

kerrywashington - Instagram

Parce que les femmes, elles, le sont… et jusqu’au bout des ongles ! A l’approche d’une des plus inédite élection présidentielle américaine, on a vu des VOTE en guise de manucure ! On dit outre-Atlantique que c’est la plus grosse tendance de nail art sur Instagram. Demi Lovato, Lizzo… même les célébrités ont joué le jeu ! Et demain, la beauté servira nos convictions politiques ? En attendant le résultat de ces fameuses élections, il y a une démocrate qui aime l’univers de la beauté et qui l’assume, c’est Alexandria Ocasio-Cortez : « Si je vais passer une heure le matin à faire mon glamour, ce n'est pas parce que j'ai peur de ce à quoi va ressembler une photo républicaine. C'est parce que j'en ai envie. . . Mon corps, mon choix !  » Vous avez dit rafraîchissant ?  



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10 initiatives pour repenser l’énergie

Le 20 oct. 2020

Et demain, de nouvelles gouvernances ?

La transition énergétique ? Elle ne se décrète pas ! De plus en plus, elle est le fruit d’expérimentation, de nouveaux modèles, de partages d’expériences et surtout, de l’implication des citoyens. La preuve avec ces quatre initiatives ! 

C’est « dans le débat public et l’acceptabilité que se trouvent les clés de la transition » , insiste Jean Karinthi, associé fondateur de l’Hermitage avec son frère Mathieu. Ce tiers-lieu d’une trentaine d’hectares, situé au carrefour des vallées de l’Aisne et de l’Oise, se présente comme un nouveau territoire d’expérimentation collective, d’innovations, et d’expériences durables. « L’avenir de la transition énergétique viendra de la ruralité. L’ancrage et notre connaissance du territoire est une véritable force » , explique Mathieu Karinthi. 

© Lhermitage

La crise sanitaire ne fera pas dévier d’un iota les plans de transition énergétique de la ville de Valence, en Espagne ! Et pour cause, on en a même fait une priorité ! Mais avec une nouvelle donne : une collaboration accrue avec les citoyens sur les questions énergétiques. Il y a quelques mois, la ville de la paella (il y avait déjà là une identité de la convivialité et du partage, vous en conviendrez !) a mis le paquet en constituant un groupe de 20 représentants de la société civile, d’entreprises privées, d’universités, d’organismes publics, et même les médias sont de la partie ! L’enjeu ? Définir ensemble une stratégie de transition énergétique… autour d’une paella 😉 ?

Wolfhagen, une commune allemande de 13 276 habitants et de l’énergie, hé bien… ils en ont, et même à revendre ! Cette petite ville chez nos voisins produit 100 % de son électricité issue de sources renouvelables (solaire, éolien). Si l’article de The Conversation parle d’une « démocratie énergétique », c’est que dès 2015, les autorités locales ont joué la carte de la participation coopérative. Désormais, les citoyens sont copropriétaires et co-salariés de l’entreprise publique « Stadtwerke ». Les 800 membres détiennent ainsi 25% de la société énergétique et peuvent même en contrôler les activités ! Et demain, vers des modèles de propriété hybrides ? En attendant, à Wolfhagen, on parle d’une transition réussie, juste et loin de ce qu’on appelle aujourd’hui « l’autoritarisme écologique »…

Difficile de ne pas évoquer la percée, ces dernières années, de l’autoconsommation quand on parle gouvernance ! Se réapproprier la consommation d’énergie, voici la philosophie de Sunleavs, un réseau social de l’énergie solaire, un Solar Social Club, tout simplement. Le concept ? Mettre en relation des habitants pour qu’ils investissent ensemble dans une installation photovoltaïque : « Nous les accompagnons dans le développement de l'installation, dans la gestion du projet et de la communauté, dans la maintenance et la surveillance du système de production", explique Romain Chayla, le fondateur du projet, qui vise un projet pilote d’ici quelques mois. On vous a dit que le Solar Social Club a été récompensé au dernier CES de Vegas avec un Climate Change Award ? Bref, nous, on retient ce réseau social solaire !

© Sachin C Nair

Et demain, de nouvelles énergies ?

La neutralité carbone, en Europe, d’ici 2050 ? Il va falloir renoncer, se sevrer de ressources qui nous font littéralement étouffer aujourd’hui.  Mais par quoi les remplacer ? Quelles seront les énergies renouvelables de demain ? Entre innovation et décentralisation, les solutions pleuvent pour trouver les modèles énergétiques du futur…  

Et si demain, l’énergie provenait de nos… urines ? Comme à Logan City, en Australie où la municipalité a décidé de valoriser les excréments des habitants pour produire de l’électricité et du biochar (charbon d'origine végétale obtenu par pyrolyse de biomasse végétale d'origines diverses). L’enjeu pour la ville ? Devenir neutre en carbone d’ici deux ans. Malin et économe, le processus intéresse les entreprises dans le monde entier. Et demain, tout passera par la chaîne de l’économie circulaire, vraiment tout ?

Ikea a encore frappé en ce début de mois ! Le géant de l’ameublement suédois a décidé de ne plus jamais vendre de piles jetables d’ici un an, au profit des piles rechargeables. Il faut dire que c’est la course à la pile écolo pour enfin dire adieux aux piles jetables. Et cocorico ! À Grenoble, BeFC, une startup a créé une biopile flexible et ultraplate à faible impact environnemental en papier. Les marchés visés sont ceux de l’IOT, comme la logistique et la santé (patchs médicaux). Clearblue, le pro des tests de grossesse a signé un contrat avec la startup qui vient de lever 3 millions d’euros. Il fallait bien ça pour appuyer sur le bouton off du lithium, dont l’extraction est plus que problématique… 

Alors comme ça, la France et l’Europe mettent le paquet sur l’hydrogène ? 10 milliards sur la table en Allemagne et chez nous, la filière va pouvoir compter sur une enveloppe de 7 milliards d’euros.  Si on annonce la maturité de l’hydrogène pour 2030, c’est qu’il lui reste de nombreux défis à relever (réduire les couts environnementaux de sa production pour commencer !). Mais là aussi, la France n’est pas en reste grâce à Athena Recherche et Innovation qui, depuis 2016, se concentre sur une bactérie pour produire de l’hydrogène à partir des eaux usées des stations d’épuration. Pourquoi c’est important ? L’entreprise peut produire ainsi de l’hydrogène décarboné, local et non délocalisable.  De quoi multiplier et remporter des concours d’innovation depuis quelques mois…

© Greg Rosenke

Et demain, une énergie collective !  

Découvrir et apprendre des autres, changer de méthodes de travail et d’innovation, sortir de la logique des silos et du chacun pour soi, dénicher toutes les bonnes idées là ou n’a pas l’habitude de se pencher… des défis majeurs pour les organisations qui doivent entamer leur transition énergétique et changer de modèle pour demain, concilier sobriété et économie.

Le point commun entre Danone, BNP Paribas et Engie ? Une conviction commune : les entreprises et leurs collaborateurs sont aujourd’hui en mesure de devenir des acteurs positifs de la société en conciliant activités business et attentes sociétales & environnementales. Il y a un an, les trois groupes ont réuni leur collaborateurs intrapreneurs pour une journée de co-développement dans le cadre de la « Engie Good Galaxy ». En voilà, de l’intelligence et de l’énergie collective : « Nous nous sommes réunis parce que nous partagions les mêmes valeurs et les mêmes envies. Nous nous sommes aperçus que nous comptions, tous les trois, des intrapreneurs à impact positif dans nos rangs. En alliant nos ressources, nous pourrions alors sans doute aller plus vite ensemble. Parce que finalement, nos activités peuvent être complémentaires. BNP Paribas peut financer un projet. Engie peut l'industrialiser. Et Danone peut apporter des solutions produits. Nous essayons de répondre à un besoin sur le terrain », explique Valérie Gaudart, directrice du pôle Culture et Communauté chez Engie. 

Derrière nos livraisons de colis, se cache un coût environnemental insoutenable. La filière logistique et transport espère d’ailleurs réduire son impact d’un million de tonnes de CO2 par an. Revoir nos habitudes de consommation ? C’est bien, mais ça ne suffira pas. Pour accélérer la transition énergétique du transport et de la logistique, 11 poids lourds du monde économique se réunissent dans le cadre d’une coalition internationale. Parmi les acteurs ? Engie, Carrefour, Faurecia, Michelin… tous se sont accordés autour de trois objectifs : élargir leur source d’énergies propres, réduire la consommation d’énergie par kilomètre transporté et éliminer une part importante des émissions associées au transport et à la logistique. Et demain, toutes les entreprises travailleront ensemble, comme une équipe, pour viser la neutralité carbone ?

Energy Oberver, aussi nous fait rêver !  Ce navire à hydrogène fend les mers pour réaliser un tour du monde en totale autonomie énergétique. Mais ce n’est pas tout, cette Odyssée magique explore des solutions concrètes et développe des technologies pour accélérer la transition écologique.  À l’origine de ce projet fou ? Victorien Erussard, un marin au long cours. De Saint-Malo aux Bahamas, découvrez le journal de bord de l’Odyssée sur le site ici. Et si vous avez la chance de tomber sur le bateau, pendant une de ses escales, soyez curieux, montez, découvrez et rêvez… 

© Energy observer

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A suivre : Nouveau monde, Nouveau Business : « Pour un nouveau modèle énergétique plus distribué et plus résilient » >>

10 initiatives pour repenser l’assurance

Le 6 oct. 2020

Et demain, plus de prévention...

Pour réduire les risques, existe-t-il plus efficace que la prévention ? En la matière, la France a encore une marge de progression : « En santé, 95 ou 96% du budget est destiné aux soins individuels et le reste à la prévention. Or, les pays qui ont des politiques plus ambitieuses en matière de prévention y consacrent plus de 10% de leur investissement en santé », rapporte un article de The Conversation.  


Tricky changera-t-il la donne ? On ne parle pas ici de l'icône du trip hop britannique, mais d’une entreprise qui s’est concentrée sur l’apprentissage et la prévention expérientielle. Son innovation ? Un Escape Game santé ! La méthodologie repose sur de la sensibilisation aux dangers et à l’auto-évaluation des troubles d’anxiété ou dépressifs.  « La prévention est consommée par ceux qui en ont le moins besoin. L'idée, c'est d'aller chercher un nouveau public, en difficulté, qui n'est pas en priorisation de la prévention », explique David Labrosse, médecin et fondateur de Tricky.

©Tricky

Les conséquences de la pandémie sur notre santé mentale se font déjà sentir en France et partout ailleurs dans le monde. Politico rapporte une étude qui en dit long sur cette épée de Damoclès, qui pourrait, à court terme, nous coûter cher : les universités de Nîmes et d’Aix-Marseille ont mené une enquête, recueillant plus de 3.700 témoignages d’individus âgés de 18 à 87 ans. Et les résultats sont glaçants : 78% des personnes interrogées présentent les signes d’un syndrome dépressif léger à modéré. Au Canada, on prend ça plutôt au sérieux avec Inkblottherapy. La startup propose des soins et des services accessibles en santé mentale à destination des salariés et des particuliers. Conseils, vidéo-consultations, suivis alimentés par une IA… Inkblottherapy a pensé à tout ! C’est en réalisant que certains patients venaient de très loin que le Dr Arash Zohoor a décidé de créer cette plateforme pour rendre les soins de santé mentale plus accessibles. 

Et demain, anticiper tous les risques ?

Saviez-vous que 80% des entreprises sont en quête de nouvelles couvertures du risque climatique ? Après la pandémie et la tempête Alex, rien d’étonnant, pensez-vous ! À ce propos, la Nouvelle-Zélande a frappé très fort en annonçant être le premier pays au monde à exiger du secteur financier une totale transparence des risques climatiques. Si tous les pays ne se dotent pas d’une politique aussi volontariste, ils peuvent s’appuyer sur des technologies toujours plus pointues pour anticiper les risques. Des données qui valent de l’or pour les entreprises et les assureurs ! 


©Descartes Underwriting

Il fallait bien une levée de fonds de 15,5 millions d’euros pour aider les entreprises à évaluer les risques climatiques ! C’est la nouvelle trésorerie de Descartes Underwriting, une jeune pousse française qui permet de récupérer des données afin de modéliser les risques climatiques. Ses accords avec la NASA ou encore l’agence spatiale européenne lui permettent par exemple de déterminer quelle sera la taille, la vitesse et la fréquence des grêlons ! Toujours en France, TeleScop, une startup montpelliéraine spécialisée dans les services en télédétection spatiale se lance, aussi, dans la prévention environnementale ! Bref, il y a du monde au portillon de la prévention…

Et demain, Minority Report dans nos villes ? Pas de précogs (ces humains mutants qui peuvent prédire les crimes à venir grâce à leur don de précognition) à Bellevue, dans l’état de Washington, mais de l’analyse vidéo et de l’IA en pagaille pour prévenir des risques d’accidents de la route. La ville a analysé 40 intersections à travers la ville et a déterminé 20 000 potentiels conflits. « Historiquement, il faut plus de cinq ans pour qu'un modèle de sécurité routière émerge.  Nous sommes capables de compresser cinq ans en une semaine » , a déclaré Franz Loewenherz, principal planificateur des transports pour la ville de Bellevue. Une politique de sécurité routière qui s’inscrit dans le mouvement impulsé il y a quelques années par la Suède « Vision Zéro ». Et demain, la fin des accidents de la route ?

Ils se répètent désormais chaque été avec son lot de conséquences sur les ainés et  l’agriculture… on parle bien sûr des épisodes de canicule, autre effet du réchauffement climatique. 50° en Californie, 20° en Antarctique et en Grèce, en Turquie et en Israël, on a littéralement suffoqué !  De quoi créer une couverture canicule ? Les assureurs y travaillent en ce moment même ! Avec de lourdes questions !  Et pour cause, les acteurs doivent déterminer quels seront les coûts de cette chaleur et que couvrir : la fermeture des aéroports et des transports en commun ou la perte d’un emploi ? Et puis, qui va payer la facture ? Les pays les plus riches ayant produit le plus d’émissions ? À suivre donc… 

©Angélique Downing

Et demain, moins de discriminations ?

Le 13 août dernier, les assureurs américains ont décidé de regarder en face une problématique qui pèse lourd dans l’industrie outre-Atlantique : le racisme. « Les morts inutiles d'Ahmaud Arbery, Breonna Taylor et George Floyd ont conduit à un mouvement sur l'égalité raciale, que nous ne pouvons ignorer », a affirmé le président de la NAIC (National Association of Insurance Commissioners : organisme américain de normalisation et de soutien réglementaire). Et demain, moins de discriminations de genre, d’âge et d'ethnie dans le secteur ?


En la matière, on peut compter sur l’aide de Pega. Le géant informatique spécialisé dans la gestion de la relation client et de processus métier a récemment lancé l’outil Ethical Bias Check. Il était temps ! Cet été d’ailleurs, en France, le défenseur des droits et la Cnil ont tapé du poing sur la table et demandé un effort collectif pour mettre fin aux biais discriminatoires face à l’utilisation accrue des algorithmes dans tous les secteurs. L’outil de Pega se concentre sur l’analyse prédictive pour simuler les résultats escomptés de l’IA et reçoit une alerte si cette dernière stigmatise certaines populations. Ainsi, les équipes peuvent reconnaître l’IA incriminée et rectifier le tir. 

©Pixabay

Lloyd’s aussi cherche à battre en brèche le sexisme ! Le colosse britannique veut montrer patte blanche après des problèmes de harcèlement sexuel avec un objectif de 20% de femmes dans les conseils d’administration et les comités exécutifs de ses membres. Lloyd’s, qui a pris un savon de la part des régulateurs anglais, vise même la parité pour cette décennie et s’excuse de son rôle « honteux » dans la traite des esclaves de l’Atlantique aux XVIIIe et XIXe siècles. Et demain, même une banque et assureur de 330 ans pourra changer ses pratiques pour le bien de tous et toutes.

Et demain, tout le monde pourra emprunter et être assuré ? Y compris les personnes malades ? C’est la philosophie de la Convention Aeras, un dispositif qui permet aux individus en mauvaise santé de s’assurer et d'emprunter malgré un risque aggravé de santé. La région Île-de-France consolide le programme en prenant à sa charge le coût supplémentaire demandé pour assurer leur prêt à cause de leur état de santé. Parmi les maladies concernées figurent l’infection par le VIH, les formes graves du cancer du sein et de la prostate, les leucémies, les hépatites virales chroniques ou la mucoviscidose. Et demain, on ira plus loin sur le droit à l’oubli pour les rescapés du cancer ?  

Et demain, plus d’innovation !

Innover, ça, les acteurs de l’assurance n’ont pas le choix face au dynamisme des AssurTech. C’est l’occasion pour eux d’explorer le champ de l’open innovation ou encore de l’innovation sociale, car nous savons désormais que la crise aura de lourdes conséquences sur la santé et la précarisation des individus. Et demain, on anticipera les besoins des bénéficiaires pour vraiment leur être utile ?


L’innovation ? Et demain, on en fera plus sans les associations ? Elles sont au plus près des personnes fragiles, peuvent partager des bonnes pratiques en matière de santé et ont une connaissance terrain inestimable. Il n’en fallait pas plus pour que Prevent2Care Lab les intègre dans son programme ! L’accélérateur de la prévention santé, porté par Fondation Ramsay Santé et Pfizer Innovation France, a pour ambition de switcher notre modèle vers un modèle de santé préventif. Et cette année, on vise des synergies entre associations et startups pour avancer sur l’éducation des jeunes publics aux « bonnes pratiques » en matière de santé. Parce que prendre soin de soi le plus tôt possible peut vraiment, vraiment tout changer…

©Miguel Á Padriñan

Accompagner, gratuitement et de façon personnalisée, 5,5 millions de sociétaires et adhérents en période de crise sanitaire ? Même pas peur pour la Macif qui a lancé « Macif Solidarité Coups Durs » ! Ce programme exceptionnel permet d’apporter une aide concrète aux bénéficiaires indépendamment de tout contrat d’assurance et financier et au mutualiste de magnifier ses valeurs et sa raison d’être : « Protéger le présent et permettre l’avenir ». Et demain, ceux qui peuvent aider les autres ne manqueront plus jamais d’assurance ! 

<< La Grande Interview : « Imaginer l’entreprise comme un îlot déconnecté d’une société qui se transforme est une idée obsolète »


10 initiatives pour repenser nos habitats

Le 22 sept. 2020

Et demain, des matériaux durables pour réinventer nos habitats 

© Greenkub

Il n’y a pas que les fournisseurs de tiny houses qui cartonnent dans l’Hexagone ! GreenKub, une startup française commercialise des studios de jardin en bois. De 11 à 42m2, ces petites maisons écologiques sont vendues clés en main. Et les perspectives sont plutôt bonnes pour la jeune entreprise puisque 67% des Français seraient prêts à accueillir un studio dans leur jardin. Sans parler de ces étudiants qui se retrouvent sans hébergement à la rentrée faute d’appartements libres sur le marché.

Et si demain, on montait des maisons comme des LEGOs ? Oui, mais en plastique recyclé ! Igor Ustinov est un sculpteur suisse qui a décidé de fabriquer, à partir du plastique recyclé des bouteilles en PET et PEF (polymères non biodégradables), des profilés de construction standardisés. Les poutres et briques peuvent être montés pour réaliser une maison et même un bâtiment à huit étages ! Igor a visité Davos en janvier pour présenter la solution et cherche l’endroit parfait avec son associé pour réaliser la première maison pilote ; dans la banlieue d’Annecy pour un agriculteur ou un hôtel à Dakar ? Qu’importe, pour les entrepreneurs, ce premier prototype doit être symbolique d’un nouveau monde technologique, porteur d’humanité et respectueux de la nature. À suivre, donc… 

Et demain, des habitats qui nous ressemblent 

On connait tous Animal Crossing, ce célèbre jeu qui permet de simuler nos vies ! Et sa dernière version Animal Crossing New Horizon devrait aider à consolider sa légende avec 22,4 millions d’exemplaires vendus en cinq petits mois et en plein confinement. Sa particularité ? Le jeu, que l’on peut retrouver sur la Nintendo Switch, a mis l’accent sur la décoration intérieure. Et il y en a pour tous les goûts, puisque que les joueurs peuvent choisir parmi une multitude de papiers peints, de meubles et de couleurs. En manque d’imagination ? Un studio de décoration peut même vous aider dans vos choix pour 40 dollars de l’heure. Même le géant IKEA a revisité son catalogue façon Animal Crossing. Bref, la plateforme intéresse les marques qui y voient un nouveau terrain de jeu plutôt lucratif…

© Nintendo
Animal Crossing New Horizons

S’il y a bien un sujet qui agite le débat public depuis quelques années, c’est le bien-être des animaux. Tandis que notre compréhension de l’impact écologique des biens et services que nous consommons augmente, notre conscience de leur impact sur le bien-être des animaux prendra-t-il le même chemin ? En attendant, on parle de plus en plus de construction végétarienne et de « vegan design ». Deborah DiMare est une décoratrice d’intérieure qui cartonne depuis le confinement avec ses services de conception virtuels. Elle a même reçu le titre de la meilleure entreprise de design intérieur végétalien du monde. Deborah fait aussi partie de la Vegan Design Organisation, qui sensibilise les designers du monde entier à cette nouvelle pratique. Et demain, on entendra peut-être au détour d'une conversation « Hey, tu as vu ma table basse, elle est 100% cruelty free »  !

Et demain, des habitats qui nous protègent 

Malgré ses conséquences dramatiques, la crise sanitaire liée au Covid-19 aura aussi inspiré les designers. Franck Chou a conceptualisé une lampe stérilisante diffusant de la lumière ultraviolette. Posez en toute confiance vos jeux de clés, cartes de visite et portefeuille dans son petit réceptacle, la lampe se chargera d’y éliminer les pathogènes éventuels. Autre invention surprenante, Franck Chou et Pino Wang ont élaboré le Time-Changing Hand Sanitizer. Il s’agit d’un savon qui passe du rose au violet puis au bleu pour indiquer à l’utilisateur qu’il s’est suffisamment lavé les mains. Bref, la maison passera difficilement à côté des nouvelles contraintes sanitaires en cette période de Covid…

Alexa et Google Home connaissent-ils vraiment tout de nous ? Oui, et même plus encore ! Et si le capitalisme de surveillance était voué à sortir définitivement de nos maisons ? C’est le projet de Electric Château, une entreprise américaine qui a développé BuzzOff, le premier bloqueur d’assistants virtuels avec l’ambition d’aider les gens à reprendre le contrôle de leur vie privée. L’innovation est sur Kickstarter avant d’être commercialisée en octobre aux États-Unis. RGPD compatible, elle pourrait bien arriver chez nous pour nous protéger des oreilles des GAFAMS. 

Et demain, des habitats qui protègent les autres 

Le confinement a été une nouvelle épreuve terrible pour les femmes et les enfants victimes de violences intrafamiliales. Ces femmes, comme celles qui vivent à la rue et qui sont également victimes de violences, doivent impérativement se mettre à l’abri mais ne le peuvent pas toujours. Pour rappel, le 115 est un numéro d’urgence régulièrement saturé et on estime à 72 000 le nombre de places manquantes. Merci pour l’invit’ est le premier réseau d’hébergement citoyen pour femmes sans abri. Sur la plateforme, vous pouvez choisir d’héberger une femme pour quelques jours ou quelques mois ou simplement offrir une nuit d’hôtel. Le dispositif Merci pour l’invit’ propose à ces femmes de se reconstruire en bénéficiant d’un hébergement chez l’habitant, couplé au suivi d’un travailleur social. Un logement, c’est la première étape pour s’offrir une nouvelle vie.

© jaccueille.fr

Et demain, « Mi casa es su casa » ? C’est la philosophie de jaccueille.fr, la plateforme d’hébergement citoyen à destination des réfugiés lancée par Singa. Le temps de quelques mois ou d’un week-end, vous pouvez vivre une cohabitation unique avec la promesse d’échanges interculturels et d’enrichissement mutuel. Peur de ne pas y arriver ? Singa a tout prévu avec un suivi individualisé pour que le « match » fonctionne à merveille et sans mauvaise surprise. « Bridget a finalement trouvé un poste de vendeuse et un petit appartement. Elle n’est restée que trois mois, mais nous avons créé des liens, très forts et très vite. »  : voici le type de témoignage que l’on retrouve sur le site. Changer le monde en offrant quelques semaines la chambre de la grande qui est partie pour faire ses études à un jeune exilé, et si c’était ça demain l’habitat ? Un habitat qui nous grandit et qui crée des liens.

Et demain, des habitats qui nous soignent 

La plus grande et belle des maisons ne protège pas encore de la solitude. Et en la matière, il n’y a qu’un seul remède : le partage ! Saviez-vous que la Grande-Bretagne avait fait sensation en 2017 avec son ministère de la solitude ? Vivek Murthy, ancien administrateur de la Santé publique des États-Unis disait même que la solitude frappait plus de personnes que le diabète ou le tabagisme. De quoi revoir toutes nos règles de vivre-ensemble ! On s’y attèle en Suède avec Sallbo, « une expérience radicale de vie multigénérationnelle à Helsingborg, une petite ville portuaire du sud de la Suède », explique le Guardian. Et ça ressemble à une auberge espagnole, en Suède, absolument réjouissante ! Un ancien enseignant de 92 ans donne des cours d’anglais, des jeunes réfugiés apprennent à conduire et les plus jeunes donnent des cours numériques aux plus âgés… Inutile de rappeler que la convivialité naturelle de la résidence intergénérationnelle a été une véritable force pendant le confinement. Le Canada, l’Italie et l’Allemagne se voient bien copier la formule qui fait le bonheur des résidents. Et demain, des habitats qui font société ?

© Vlad Sargu

Cette année, un concept inédit est sorti de terre pour héberger différemment les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Au « Village Alzheimer de Dax », des terrains de pétanque, un coiffeur, un potager, un restaurant, une médiathèque. Tout a été pensé pour stimuler et renforcer le lien social des ainés (de tous les âges) accueillis. Ils peuvent chanter, danser, recevoir même la nuit et même se lever à l’heure qu’ils désirent puisqu’ici ils sont libres. « Ici, pas de contraintes. C'est comme à la maison », explique une soignante du Village Landais Alzheimer. Et si c’était aussi ça l’habitat de demain, se sentir comme à la maison à toutes les étapes (nombreuses et parfois douloureuses) de nos vies ?


<< La Grande Interview : Franck Moreno, Castorama : « Le confinement a été l’occasion de passer à l’acte et de se lancer dans de nouveaux projets »


A suivre : Nouveau Monde, Nouveau Business : Et si la nouvelle valeur de la maison se trouvait dans sa capacité à rendre ses habitants « anti-fragiles » >>

10 initiatives qui font battre le cœur de la culture

Le 15 juill. 2020

Et demain, plus d’alliances dans la culture 

Multiplier les partenariats, se mettre autour de la table et réfléchir ensemble à l’avenir, s’entraider, se réunir… les acteurs de la culture ont joué la carte de la collaboration et de la communauté. La preuve avec ces trois initiatives qui montrent que nous avons tant à gagner à nous rassembler.

Et pour rassembler, Bollywood n’a pas son pareil ! Qui ne connait pas cette industrie indienne qui multiplie les records à travers le monde ? Au Niger, la génération Y a réussi l’impossible en poussant les réalisateurs nigérians et indiens à collaborer sur des productions. Résultat, le monde du cinéma nigérian en profite ! Désormais, des acteurs nigérians vont pouvoir même être à l’affiche de ces films à succès. Une alliance mondiale et inspirante qui témoigne de la magie de la culture dans sa capacité à rapprocher les populations et à dépasser les frontières.

©Jeremy Thompson

Au cœur de la crise, Télérama et le Théâtre de la Ville lancent « L’urgence des alliances ». Ce que l’on pouvait trouver au programme de cet événement inédit ? Le journal culturel et l’institution ont proposé des débats avec des invités, scientifiques, artistes, philosophes, anciens ministres, producteurs… dans l’objectif de réfléchir ensemble à la culture post-Covid. « Face au danger entrevu, il est impérieux de réagir. D’imaginer les indispensables alliances que doit désormais nouer le monde de la culture s’il veut rayonner comme nous en avons besoin », explique Télérama. Envie d’en savoir plus ? Les débats qui étaient diffusés en Live sont à retrouver ici.

Pendant la crise sanitaire, les artistes du monde entier ont pu échanger à travers la plateforme « The Social Distancing Festival ». L’ambition du site ? « Tout simplement créer une communauté en ligne pour célébrer et mettre en valeur le travail des nombreux artistes du monde entier qui ont été touchés par le besoin de distanciation sociale résultant de la propagation du coronavirus (Covid-19). » Les artistes peuvent y poster leurs productions et tous les amoureux de l’art peuvent les soutenir par des dons. Faites un petit tour sur le site pour découvrir des capsules vidéo de danse par exemple ou vous exprimer sur une table ronde virtuelle. Bref, ici les mots d’ordre sont le partage, la découverte et la collaboration. 

Et demain, plus d’inclusion dans la culture 

Le monde de la culture est en crise ? Et si la résilience consistait à aller chercher de nouveaux publics, en démocratisant la puissance de la culture ? Sûrs de sa capacité de représentation et de projection, certains acteurs poussent les murs, inventent et cassent les codes pour emmener la culture hors des sentiers battus… Et on en redemande !  

S’il y a bien quelque chose qui pourrait donner du baume au cœur aux écrivains, qui ont dû attendre pour retrouver physiquement leurs lecteurs, c’est la collecte de crowdfunding réussie de Luc Pinto Barreto. Son histoire ? Cet ex agent de maintenance a toujours rêvé de travailler dans une librairie. Mais son CV ne lui permettra pas d’y arriver. Qu’importe ! Luc lance « Dealer de livres », une librairie de rue avant de tenter de se sédentariser. Pas loin de Saint-Denis ? Passez du côté du parvis de la gare, Luc sera surement entrain de conseiller un riverain curieux sur un roman ou une bd… Et si la ténacité de Luc inspirait d’autres amoureux du livre ? Pour demain, faire du 93 – le département le moins pourvu en librairies – un vivier de lecteurs passionnés ?  

©Clément Poplineau

« On n’y pense jamais mais c’est quoi, le rapport à l'art pour un jeune sans-papier de 25 ans ?  » , voici le genre de questionnement qui traverse les œuvres de Clément Poplineau. Ce jeune artiste lyonnais souhaite briser certains codes propres à la culture qu’il estime trop hermétique aux non-initiés. De quoi s’emparer de la peinture classique pour l’appliquer à une culture contemporaine. Drogues, voitures des forces de l’ordre, Nike Air Max… Clément les conjuguent façon peinture classique, dans un esprit de lutte contre les préjugés. « J'ai peint Amine et j’ai brodé le fond derrière lui avec les couleurs et les motifs de sa région natale. C’est ça, sa relation à l'art maintenant ; l'art a pris une place chez Amine de par la représentation que j'ai faite de lui. C’est une façon qu'il a d'exister différemment qu'avec l'étiquette du clandestin et du galérien. Et c’est cette force de la peinture que je veux entretenir », explique l’artiste. Et nous ? On dit, chapeau !

Que fait donc Valentine, alias Val Och, en parallèle de ses études (licence en médiation culturelle, puis master de recherche en théâtre). Elle se lance sur YouTube, pour défendre sa passion, le 6ème art. Elle épluche et donne à comprendre ce qui se passe dans les coulisses, parle de l’importance des coûts de réalisation et de mise en place d’une représentation et n’oublie rien : location de la salle, salaire de ses employés, des techniciens, des comédiens, des accessoires, des décors, des droits, mais aussi les répétitions, le logement… Et en pleine crise, on a bien besoin de comprendre les défis du milieu ! L’intérêt de ce type d’initiative ? Donner à voir, sensibiliser, faire de la pédagogie sur les métiers et sur cet art qui souffre d’un manque de renouvellement de ses publics. Bref, Valentine dépoussière l’exercice, elle s’adresse aux jeunes et parle cash… Et ça fait du bien !

Et demain, plus d’agilité dans la culture 

À l’instar du musée le plus visité du monde, évidemment, on parle du musée du Louvre ! Il faut dire que notre fierté culturelle nationale n’a pas ménagé ses efforts pour conserver son pouvoir d’attraction ! Bien sûr, on a misé sur des visites virtuelles mais pas que ! Le musée a multiplié les stories sur Instagram et même lancé des challenges pour maintenir les liens avec ses affiocionados qu’il compte dans le monde entier. Résultat ? 10,5 millions de visites virtuelles en seulement 71 jours, soit du 12 mars au 22 mai 2020. 

Les couples amoureux dans des corvettes bleues et roses pastel, West Side Story à l’écran, les pop-corn… Le drive in, dans notre inconscient collectif, renvoyait souvent à un imaginaire américain. Mais une crise sanitaire est passée par là, du coup, le voici qui opère un retour étonnant ! Comme à Londres, ou l’English National Opera (ENO) va lancer son premier opéra en Plein-air. Histoire de regarder et d’écouter La Flûte enchantée de Mozart ou La Bohème de Puccini depuis sa voiture !  

©Lawren

Et demain, ressuscitera-t-on les artistes ? Au Japon, une intelligence artificielle a écrit un manga : et pas n’importe lequel. Grâce à de nombreuses données, cette dernière a pu se saisir des spécificités de l’œuvre du célèbre mangaka Osamu Tezuka, pour écrire un « inédit » plus de trente ans après sa mort. Bientôt de nouvelles œuvres créées par une IA inspirée de Maupassant ou Dumas ? On vous laisse décider s’il faut s’en réjouir…

Les Micro-folies, vous connaissez ? Ces musées virtuels, qui ambitionnent d'emmener l'art dans les quartiers et les bourgs où il est le plus absent, cartonnent ! Il s’agit d’une plateforme commune alimentée par des musées. Il en existe 70 en France. Et le ministère de la Culture veut aller plus loin en développant un millier d’installations dans l’Hexagone d’ici 2022. Les visiteurs adorent ! C’est ce qu’on appelle démocratiser la culture et demain, ce sera peut-être une réalité pour tous les arts !

10 initiatives pour une économie plus juste et inclusive

Le 30 juin 2020

Et demain, une économie circulaire et régénérative ?  

Demain, l’économie sera circulaire ou ne sera pas ! PSA, La Poste, L'Oréal… tous ou presque s’y mettent ou accélèrent dans cette voie ! Gage de durabilité si elle se veut inclusive, l’économie circulaire est une stratégie de relance économique prise très au sérieux…

Comment en finir avec les externalités négatives des entreprises ? Indigo Marketplace a son idée sur la question ! La société basée à Boston est en passe de révolutionner le secteur de l’agriculture. Ce qui lui vaut d’être classée parmi les 50 entreprises les plus disruptives de l’année 2019 selon CNBC. Mais que propose-t-elle ? Indigo Marketplace développe des procédés naturels pour des cultures durables (traitement de semences avec des microbes), met en relation acheteurs et agriculteurs et incitent ces derniers à séquestrer leur carbone avec des sous ! Bref, la jeune société américaine, nouvelle chérie des investisseurs, ne cesse de grandir avec un argument de poids, atteindre des objectifs de durabilité dans un secteur particulièrement problématique pour notre climat

Votre cousin déménage et n’a pas les moyens de se procurer un nouveau canapé ? Eh bien, aux États-Unis, il pourrait louer ses meubles sur Feather, la startup qui veut « relever le défi logistique de la vie urbaine »  ni plus ni moins ! Et pour cause, l’entreprise a pensé à tout : elle récupère, répare, nettoie tous les meubles qui passent entre ses mains. Quand on pense qu’on jette près de 1,7 million de tonnes de meubles chaque année en France, soit 25 paquebots, l’avenir est définitivement aux entreprises qui empêcheront ces insoutenables gâchis.

Et demain, une économie plus solidaire ?

S’il y a une leçon à retenir de la crise sanitaire provoquée par le Covid-19, c’est peut-être l’extraordinaire solidarité des Français. Ils se sont entraidés, applaudis, soutenus matériellement comme psychologiquement. Maintenant, aux acteurs économiques de prouver qu’ils peuvent en faire tout autant !  

Karma, To Good To Go, vous connaissez ? Vous savez, ces applications qui nous permettent de récupérer des petits paniers d’invendus à prix cassés chez nos commerçants de quartier ? Eh bien, si elles se veulent pratiques et économiques pour nous, elles représentent aussi un manque à gagner certain pour les personnes en situation de précarité. C’est à partir de ce constat que HopHopFood a décidé de trouver une solution ! Avec son application, les commerçants peuvent désormais donner gratuitement des produits à des personnes qui en ont le plus besoin. Aujourd’hui, HopHopFood cherche des entreprises pour multiplier son impact. Une économie qui pense à tous et à toutes, c’est cela une économie solidaire !  

Amazon ? C’est pratique et rapide mais derrière l’implacable logistique, se cachent des pratiques qui ne correspondent pas toujours aux aspirations des Français. Dérives de surconsommation, automatisation et perte de l’emploi, provenance des produits, conditions de travail… l’entreprise de Jeff Bezos doit encore progresser sur tous les aspects sociétaux et environnementaux de son entreprise. Rien de tout cela chez le site e-commerce Achetez-GrandNancy.fr ! La métropole a trouvé la parade pour éviter que ses commerçants souffrent devant les arguments du géant. Livraison en vélo ou en voiture électrique, click and collect… le site a de quoi montrer les muscles face au géant logistique avec une approche locale et solidaire. Encore plus forte que les algorithmes ?

Saviez-vous que les Français consacrent 100 à 400 euros par mois et par personne en alimentation ? Un budget lourd pour certains foyers en difficulté, comme les mères célibataires, les étudiants, les chômeurs ou encore les personnes âgées avec des petites pensions… Une insupportable précarité alimentaire qui explose à la suite de la crise sanitaire qui malheureusement fragilise beaucoup trop de nos concitoyens. Pour y faire face, l’Association Nationale des Épiceries Solidaires (ANDES) a lancé un fonds de soutien et de développement d’1 million d’euros pour créer 100 nouvelles épiceries solidaires sur le territoire. Une épicerie solidaire permet aux bénéficiaires d’acheter leurs produits pour un coût entre 10% et 30% de leur valeur marchande. Aujourd’hui les bénéficiaires en ont plus que jamais besoin et l’association nationale compte sur les entreprises et les fondations pour parrainer de nouvelles épiceries. Alors, prêt·e à être solidaire ? On attend plus que vous !  

Et demain, des achats plus éclairés ?

Consommer en accord avec ses valeurs, offrir à tous la capacité de changer, de transformer le monde… voilà à quoi aspirent les Français toujours plus soucieux de prendre leur part et de comprendre ce qui se joue derrière leurs achats et leurs actions. Et la tech, en la matière, a beaucoup, beaucoup à offrir…

«C’est quoi ce produit ?  » Yuka, ShopAdvizor, Greenly, UFC-Que choisir qui va bientôt lancer la sienne… S’il y a quelque chose qui donne des sueurs froides en ce moment aux dirigeants, c’est peut-être bien cette batterie d’applications qui apportent tout un tas d’informations cruciales aux consommateurs.  À l’instar de Helios, une jeune fintech qui va lancer un compte courant « vert », avec la promesse qu’aucun euro n’ira dans des entreprises polluantes. Peu habituées à autant de transparence, les entreprises doivent ainsi se dépêcher d’être en conformité avec les désirs des clients. Et Moralscore enfonce le clou avec son application qui oriente vos achats en fonction de votre profil et donc de vos valeurs. Un petit quiz (« Ma Conso ») propose d’indiquer ses habitudes d’achat sur différents secteurs (supermarchés, assurance, banque, tech, habillement, énergie…) et calcule l’adéquation du « Moralscore » de la marque et de l’utilisateur ou l’utilisatrice. Bref l’éthique monte et on veut la voir sur l’étiquette !

Citons aussi la collecte de 6 millions d'euros réalisée en deux semaines par le développeur d'énergies renouvelables Amarenco, afin de financer l'acquisition d'un parc de centrales solaires dans le Sud-Est de la France, via Lendopolis, la plateforme de financement participatif rémunéré entre entreprises et particuliers du Groupe KissKissBankBank & Co. La puissance du crowd n’a pas fini de nous étonner et de tout transformer… 

Et demain, une économie plus inclusive ?

Plus que jamais, les acteurs vont devoir repenser nos modèles économiques pour qu’ils n’oublient personne sur les routes escarpées par la crise. C’est simple, 92% des Français veulent que leur entreprise s’engage dans l’économie positive. Inclusion, redistribution des bénéfices, contribution à un monde meilleur… et si on revoyait tous nos copies ? Existe-il meilleur moment qu’une crise pour changer ? Citoyens, consommateurs, travailleurs, ils sont les trois en même temps… et, eux, sont prêts !  

Dans nos zones urbaines et même moins urbaines, le vélo fait un retour en force ! Les acteurs sont en ordre de bataille pour en faire une filière économique prospère et durable. Et si on profitait de cet engouement pour penser inclusif ? À l’instar de l'Institut national du cycle et du motocycle (INCM) au Bourget, près de Paris où dix chômeurs de 24 à 55 ans sont en train d'apprendre à dévoiler une roue ? Jean Le Naour, directeur du centre de formation, espère ainsi réinsérer 60 à 80% de ces chômeurs en formation. Être inclusif ce n’est pas seulement offrir 1% de son CA à une association, c’est offrir sur sa chaîne de valeur la possibilité à certaines personnes éloignées de l’emploi de s’épanouir dans une activité, d’apprendre encore et de se sentir utile. Les entreprises peuvent « faire société » quand elles font avec la société… 

L’inclusion ? Le Forum Economique Mondial en a fait une boîte à outils à destination des dirigeants. L’enjeu ? Les guider de façon à intégrer davantage de diversité, d’équité et d’inclusion dans leur organisation « alors qu’ils s’apprêtent à sortir de la crise liée à la pandémie de Covid-19 » dit l’institution. Petit rappel, France Stratégie a évalué à 150 milliards d’euros de PIB le coût économique des discriminations au travail en France (2016). Et si on commençait par avancer sur ce dossier ?

10 initiatives pour repenser les médias

Le 16 juin 2020

Et demain, des médias qui créent du lien ?

Souvent synonyme d’isolement, le confinement a été l’occasion pour les journalistes d’inventer de nouvelles écritures et parfois d’aller plus loin que leur rôle d’informer les citoyens de façon à créer de nouveaux liens. La preuve avec ces deux formats de contenus innovants.

Comment passer de 60 membres à 2,4 millions en quelques petites semaines ? En offrant à tous la possibilité de partager le point de vue… de sa fenêtre ! Sur une idée de Barbara Duriau, une jeune graphiste localisée à Amsterdam soutenue par quelques bénévoles, « View from my window » a vite trouvé son public. « Je crois qu'on peut dire que ce groupe est un vrai antidépresseur !  Un monsieur de 73 ans m'a écrit pour me dire qu'à son âge il ne sait plus voyager mais qu'il part en excursion tous les jours en regardant les photos sur ma page Facebook ». Grace au succès de sa campagne sur Kickstarter, la jeune femme va pouvoir partager toutes ces œuvres à travers une exposition itinérante. Et peut-être découvrirons-nous, la vue depuis votre fenêtre ?  

Curieux, les lecteurs le sont ! Et ça, les journalistes du New York Times l’ont bien saisi ! Avec « Notes From Our Homes to Yours », les amoureux de l’édition ont pu piocher dans les recommandations de leurs journalistes préférés. Films d’horreur, critiques de livres, recettes, récentes acquisitions commentées… bref, il y en a pour tous les goûts ! Sans surprise, les lecteurs en redemandent ! « J'ai dévoré cela et je souhaite que ce soit régulier », « Vous m'avez fait rire tout haut par un matin gris et pluvieux ! Je vous remercie !  », « Parfois, c'est agréable d'avoir un petit aperçu de la vie de quelqu'un d'autre ou des coulisses de son travail, surtout quand c'est tellement différent du mien. Merci pour cela… » , lit-on dans les commentaires souvent enjoués. De quoi rebâtir la confiance entre lecteurs et journalistes grâce à des bouts d’intimités partagés ? Et si c’était simplement cela ?

Lina Kivaka

Et demain, des médias qui s’adaptent aux nouveaux usages ?

Toucher ses lecteurs, c’est réfléchir parfois aux nouveaux usages en matière de consommation de l’information. Et le Covid-19 a été l’occasion pour des médias de s’essayer à de nouveaux formats… pour le plus grand plaisir des lecteurs, qui eux, attendent rarement pour adopter de nouvelles habitudes  ! Et demain, des médias qui vont plus vite que leurs audiences ?

« Mon cher @canardenchaine, pourrais-tu en ces circonstances exceptionnelles que tu connais, permettre à tes abonnés hexagonaux d’accéder à la version numérique, réservée jusqu’ici aux abonnés à l’étranger ? Tes plumes, au propre comme au figuré, n’en seront que plus reluisantes », pouvait-on lire sur Twitter de la part de lecteurs impatients de découvrir une version numérique de leur journal préféré ! Et il n’aura pas fallu attendre très longtemps puisque l’hebdomadaire satirique de 1915 s’est lancé dans le grand bain du Web le 25 mars. La situation de Presstalis et le confinement auront mené à une petite révolution dans la presse avec des « enfin » et des « ouf » de soulagement du côté des lecteurs. Si Le Canard Enchaîné y va, tous peuvent y aller, non ? !

Les jeunes sont sur TikTok ? Allons sur TikTok ! France TV Média lab, vous connaissez ? Il s’agit de la vitrine de l’innovation de France Télévision. Pendant le confinement, l’équipe s’est lancée sur la plateforme chinoise qui revendique plus de 800 millions d’utilisateurs actifs mensuels. La particularité du média social ? Sa jeune audience ! 41% des utilisateurs sont âgés de 16 à 24 ans. C’est donc là qu’il fallait être pour sensibiliser les plus jeunes à l’intérêt du confinement ! Ces courtes vidéos marquent-elles le point de départ d’une nouvelle histoire éditoriale entre le service public et TikTok ?

Et demain, des médias plus solidaires ?

Trouver des solutions pour demain, changer des méthodes de travail pour être plus efficaces et améliorer son impact… Des médias ont osé changer leur ligne éditoriale et leur méthodologie pour offrir un peu plus que de l’information. Des initiatives qui plaisent aux journalistes comme aux lecteurs !

La relance économique ? Et si on la confiait aux lecteurs ? C’est le pari de Médiacités, un site d’investigation indépendant lancé en 2016 dans les villes de Lyon, Nantes et Toulouse. Faites un petit tour sur le site, vous verrez la rubrique « Dans ma ville » qui annonce la couleur : « Transformons nos villes après le coronavirus  :  en quelques semaines, la pandémie de Covid‐19 a bouleversé nos vies, nos comportements et nos priorités. Mais transformera‐t‐elle durablement nos villes ? Avec vous, nous allons mettre en lumière des réponses locales aux multiples problèmes révélés ou exacerbés par l’épidémie. Pour que cette épreuve n’ait pas servi à rien ». Consommation et activités locales, logement, nature en ville, solidarités, transports… tous les lecteurs peuvent contribuer à identifier les initiatives nées pendant le confinement et qu’il faudrait développer dans ce qui ressemble à un petit programme municipal. Et demain, un journalisme au service des citoyens et du développement local ?

Une philosophie qui correspond également à l’initiative du quotidien Les Dernières Nouvelles d’Alsace qui a lancé « Coronavirus : entraide en Alsace », un groupe Facebook ouvert à tous qui a été pensé pour favoriser les échanges de services et de solutions pour faciliter la vie quotidienne pendant le confinement. Dans ce groupe rapidement devenu une petite communauté active et soudée se faufilent les articles du quotidien alsacien entre les demandes de logement, de garde et les offres de masques cousus mains. Depuis, la rédaction s’interroge, ou plutôt interroge ses lecteurs sur le fameux groupe : « Aujourd’hui, alors que la deuxième étape du déconfinement débute, comment pourrions-nous nous entraider à nouveau ? Rencontrez-vous de nouvelles problématiques qui peuvent être résolues en entrant en contact avec d’autres personnes de la région ? Autrement dit, nous vous posons la question : si nous décidions de faire perdurer ce groupe d’entraide, quels devraient être ses objectifs ?  »  Nul doute que ces nouveaux rendez-vous créés pendant le confinement laisseront des traces dans le cœur des lecteurs et peut-être bien dans les conversations avec l’audience. Et demain, des médias qui co-construisent leur ligne éditoriale avec les lecteurs ?

Être plus solidaire, c’est aussi inventer de nouvelles collaborations ! C’est ce qui s’est passé aux États-Unis, en Oregon, où des rédactions ont décidé de travailler ensemble pour couvrir la pandémie. « Maintenant, alors que l'État est confronté à la propagation de la maladie du  coronavirus, les salles de rédaction de l'Oregon mettent de nouveau de côté notre concurrence habituelle et collaborent dans l'intérêt du journalisme de service public. De nombreux éditeurs de l'Oregon ont accepté de partager des histoires de coronavirus afin de diffuser les meilleures informations au plus grand nombre d’Oregoniens », écrivent les journalistes d’Oregon Live. Au total, ce sont douze rédactions qui ont partagé la couverture du Covid-19. Envie de les rejoindre ? C’est possible grâce à First Draft, une plate-forme qui permet aux rédactions de collaborer dans le monde entier… 

Et demain, des médias plus inclusifs ?

Toucher de nouveaux publics, diversifier les rédactions, donner la parole à ceux qui ne l’ont jamais… des initiatives qui, en pleine crise du secteur des médias, permettent d’espérer tant elles évoquent la liberté et la pluralité nécessaires à nos démocraties. Et demain, des médias leviers d’une société inclusive et plus démocratique ?

Si les paywalls assurent aux médias un modèle économique solide, ils peuvent parfois empêcher des rédactions de toucher un maximum de publics. Mais face au contexte du Covid-19, la volonté d’informer était plus forte chez Mediapart. Son indépendance financière a peut-être permis au média de tester de nouveaux formats pendant le confinement. Comme l’émission vidéo « À l’air libre », par exemple ? Chaque soir, depuis le 18 mars, le média informe et offre des témoignages au plus grand nombre, puisque l’émission est en accès libre sur YouTube, Facebook et le site de Mediapart. « Brutal révélateur politique dont les leçons s’élaborent en même temps que nous y faisons face, l’épidémie du Covid-19 est un moment de vérité pour le journalisme, sa fonction démocratique et sa responsabilité sociale. », explique Edwy Plenel, le président.

Comment rendre compte de toutes les situations et problématiques liées au confinement ? En donnant la parole à tous ceux qui ont été en première ligne, comme l’ont fait Clémentine Spiler et Romain Jenticou ? Convaincus que tout le monde n’est pas logé à la même enseigne, les journalistes ont décidé de tendre leur micro à ceux qui ont été mis en difficultés ou en danger afin de les rendre visibles. « Personnel soignant, ouvriers, caissières, mais aussi personnes à la rue, isolées, malades, handicapées ou sans papiers... Nous recherchons autour de nous des gens qui sont dans des situations compliquées, ils nous les racontent par téléphone et nous essayons ensuite de publier un de ces témoignages tous les deux jours. On peut retrouver ces précieux témoignages en podcasts sur Instagram.

Vers des recrutements plus inclusifs dans les rédactions ? C’est l’intuition de Jessica Lessin, la fondatrice de The Information, un média américain spécialisé dans les technologies (très influente dans la Silicon Valley écrit le New York Times).  Consciente que les stages en journalisme vont être peu accessibles pour les étudiants les plus modestes dans un contexte de fermeture et de restructuration massive des médias, la fondatrice lance une école de journalisme d’été gratuite… sur Zoom ! Au programme ? Les cours des plus belles plumes du moment avec en pagaille Carrie Budoff Brown, rédactrice en chef de Politico, le chroniqueur des médias du New York Times, Ben Smith… « Il s'agit d'aider les jeunes à naviguer dans ce qui a toujours été une industrie difficile à percer et qui fait face à de nouveaux défis sans précédent » , explique Jessica Lessin. Et demain, des médias avec des profils diversifiés pour répondre à la pluralité des défis qui nous attendent ?  

• Ce papier du média éphémère Et Demain Notre ADN a été écrit en toute indépendance par un journaliste de L’ADN. Le partenaire n’intervient pas sur le contenu éditorial de la rubrique qu’il parraine.

10 initiatives pour repenser nos relations

Le 3 juin 2020

Et demain, moins de solitude ?

L’isolement de nos aînés a été un sujet particulièrement sensible pendant cette période de confinement. Notamment en Ephad où les visites ont été interdites pour les protéger de possibles contaminations. Dans ce contexte, entreprises et particuliers ont tenté de maintenir les liens. 

Collines FM, une radio locale des Deux-Sèvres a lancé l’émission JustePourEux. L’enjeu ? Offrir aux personnes âgées des alentours des occasions d’écouter les messages de leurs proches. « On a vraiment eu de très beaux textes, des messages audio aussi qui nous été envoyés de Singapour, de Melbourne par des enfants et petits-enfants éparpillés partout dans le monde et qui en profitaient pour parler à leurs papis et mamies », raconte Jacqueline Pinon, à l’origine de l’initiative.

©Marisa Howenstine

Toujours pour les aînés, Orange avec l’agence La Chose ont su innover ! Comment ? Le fournisseur d’accès a tapé fort avec des spots publicitaires TV, diffusant des messages de proches à destination des seniors dépourvus de contact. « On pense très fort à vous, vous nous manquez beaucoup », ont par exemple vu Annette et Jean-Claude en Eure-et-Loire sur leur télévision de la part de leurs petits-enfants. Orange aurait reçu des milliers de vidéos ! Nul doute que nos aînés ont apprécié la démarche…

Les restrictions de visites ont également concerné les enfants hospitalisés. Comment faire pour maintenir des relations sociales indispensables dans leur cas ? Story Enjoy, une startup française née en 2016, a mobilisé des associations et des célébrités pour constituer « une malle à histoires universelle » numérique. Ainsi, des familles et des personnes du monde entier peuvent raconter à des enfants en hospitalisation longue durée  L’éléphant qui fumait de la trompe ou encore Turlu la Tortue. Et la startup permet même à l’enfant d’échanger avec le ou la conteuse pour créer des liens. La solidarité n’aura décidément jamais de frontières…

Et demain, de nouvelles proximités ?

Il fallait dire adieu aux discothèques, bars et concerts pendant le confinement ! De quoi mettre à mal nos habitudes entre amis. On a pu heureusement compter sur certaines innovations pour garder nos relations amicales (presque) intactes !  

Probablement un peu jaloux du succès de TikTok, Facebook a lancé Collab, une plateforme de création musicale. Les créateurs ou les fans peuvent « créer, regarder, mixer et assortir des vidéos originales ». La particularité de l’application ? Elle permet aux utilisateurs de créer des vidéos à partir de plusieurs sources mais surtout à leurs amis de collaborer avec leur propre voix ou instrument de musique. Le confinement, un accélérateur de carrières musicales collaboratives ? L’avenir nous le dira…

©Anastasiya Gepp

Le Covid-19 a renforcé nos usages numériques et ça, Instagram, la petite sœur de Facebook le sait aussi ! D’ailleurs, la plateforme a lancé une fonction de co-watching. Ainsi, avec le service " Stay at Home », il est désormais facile de partager avec sa meilleure copine ses contenus préférés via une une discussion vidéo. Et demain, le co-shopping ? Quoi, ça existe déjà ? ! 

Et demain, le monde pour bureau ?

Comment ne pas se faire oublier des clients pendant le confinement ? Comment maintenir des ambiances de travail ? Ces défricheurs ont peut-être la solution…

La boutique est fermée jusqu’à nouvel ordre ? Qu’à cela ne tienne ! YouTube a lancé Video Builder. Le concept ? Il s’agit d’une courte vidéo allant de 6 à 16 secondes qui permet aux petites entreprises de rester en lien et d’informer leurs clients gratuitement. Et la firme a bien sûr pensé à tout : habillages, polices, couleurs, musiques. Désormais, impossible de ne pas avoir de nouvelles de Jeannette du pressing ou de Gérard qui propose un nouveau pain aux noix... Demain, on échangera tous par vidéo avec nos commerçants du quartier ?

Les blagues de votre collègue préféré et l’ambiance de votre bureau vous manquent ? On a quelque chose pour vous ! Oubliez Zoom ! Square ferait mieux ! L’idée ? La société de design Argodesign a pensé une fenêtre artificielle, créée à partir d’un écran LCD sur le mur à côté de votre bureau. Et c'est (presque) magique ! Lorsque l’on augmente l’ombre, vous pouvez voir un collègue, ou deux, travailler jute à côté de vous. Vous aurez la possibilité de leur parler, de les ignorer ou de lancer une réunion. Bref, tout comme un vrai bureau. Le fameux « Vincent, tu as pensé à relancer la compta ? » , ne passera plus par mail demain mais directement à l’oral de son salon !  

Et demain, parler au monde ?

La crise sanitaire a été l'occasion de révéler notre interdépendance et notre besoin de partages, d’échanges et de solidarités. Et qu’importe si nous sommes voisins ou séparés par des milliers de kilomètres. Le point de départ d’une nouvelle universalité ? Les pionniers et les outils, eux, sont là !

Singa, vous connaissez ? Il s’agit d’une association qui œuvre pour l’insertion des réfugiés. Singa lance AlloMondo, une plateforme de mise en relation par téléphone ou vidéo afin d’imaginer ensemble le monde de demain. Une fois sur la plateforme, vous êtes mis en relation avec une personne réfugiée vivant dans votre ville : libre à vous de lui échanger votre numéro de téléphone personnel pour garder le contact ! « Ce n’est pas parce que nos frontières sont fermées que les personnes vont arrêter de se déplacer. Aujourd’hui nous avons besoin de vous, que ce soit pour passer un coup de fil à un inconnu sur AlloMondo ou rencontrer des personnes sur notre plateforme Singa.io, ou tout simplement pour mobiliser votre entreprise et nous soutenir », explique Alice Barbe, la directrice de Singa. 

La Dictée pour Tous qui cartonne dans nos territoires pour réunir petits et grands autour d’une dictée se numérise ! Vous n’aurez plus d’excuses pour rater ce rendez-vous chaleureux et inter-générationnel puisque tous les samedis à 18 heures un texte de littérature française est lu en direct via la page Facebook de La Dictée pour Tous. Vous faites quoi samedi prochain ? C’est peut-être Gad ElMaleh ou Maïtena Biraben qui vous fera la dictée ! À vos cahiers numériques ou pas !

Saviez-vous que 26% des Français sont convaincus que nous sortirons de cette crise sanitaire plus forts ensemble ? Des Français que l’on peut retrouver sur viralopenspace.net ? Qu’est-ce que c’est ? Un espace ouvert à tous qui permet de créer des liens à travers le monde, de rechercher des mouvements citoyens, de s’entraider du global au local, de découvrir des réponses citoyennes aux défis écologiques, démocratiques et sociaux. Décentralisé, le réseau veut contribuer à un archipel citoyen planétaire. À crise mondiale, réponses mondiales ? Ils et elles veulent le croire !  

15 initiatives pour repenser le retail

Le 18 mai 2020

Et demain, la distribution réinvestira-t-elle l’économie locale ?

Les métropoles, les agglomérations et les régions ont largement soutenu les commerçants. Les plans d’urgence, dons, mesures fiscales et fonds de redémarrage pleuvent pour aider les acteurs économiques dans les territoires qui ont beaucoup souffert pendant la crise sanitaire. Des initiatives qui correspondent aux attentes des Français qui sont aujourd’hui 78% à vouloir consommer local à l’avenir selon une récente enquête d’Opinion Way. Panorama d’initiatives.  

  • Les chèques solidaires des Vitrines d’Orléans

L’association de commerçants Les Vitrines d’Orléans a vendu sur son site des chèques solidaires afin de soutenir la relance de l’activité économique des commerces de la ville. Le consommateur paye un bon d’achat de 10€ et peut en dépenser 20 dans l’une des 300 boutiques de la commune. « Vous soutenez notre reprise, nous soutenons votre pouvoir d'achat  », explique l'association de commerçants.

  • Les ventes flash de Bakary Kamara

Pour participer à l’effort collectif, Bakary Kamara a lancé « Spont », une application mobile gratuite qui permet aux commerçants indépendants de réaliser des ventes flash sur le modèle des grandes enseignes. Et la solution de l’entrepreneur rouennais est vertueuse à plus d’un titre ! Elle réduit le gaspillage et promet de nouvelles visites en magasin de clients à la recherche de prix cassés.

  • Les badges solidaires d’AssAnBle

La trésorerie, encore et toujours le nerf de la guerre… En Anjou, les clients pourront y contribuer en se procurant, dans les commerces locaux, six badges à collectionner d’un montant unitaire de 3€. L’association AssAnBle, qui porte l’initiative, reversera l’argent récolté aux commerçants locaux de la commune de Segré-en-Anjou Bleu pour les soutenir dans la crise. 

  • La conciergerie locale Swiggy

Et demain, un retail hyperlocal ?  En associant le big data et l’intelligence artificielle, Swiggy, une startup indienne de livraison de courses alimentaires, accélère dans l’hyperlocal. Son pari ?  Transformer son application de livraison de nourriture simple en une application qui offre des services d’épicerie et de conciergerie. Les clients pourront par exemple, se fournir en viande et en soins pour animaux de compagnie. La startup, qui se penche également sur des boutiques virtuelles, va livrer ses commandes dans 125 villes indiennes. 

Et demain… la distribution se réinventera-t-elle face à la crise sanitaire ?

Entre les mesures sanitaires et de distanciation, c’est le casse-tête pour les distributeurs qui doivent faire revenir les consommateurs en magasin. Masques, gels, visières de protection… il faut équiper les équipes et assurer la sécurité des clients. Sélection d’initiatives, de mutations et de solutions. 

  • Class’Croute : quand les préoccupations sanitaires accélèrent l’adoption de circuits courts

Class’Croute et ses 128 restaurants ont repris 80% de leur activité. Pour soutenir ses franchisés pendant la crise sanitaire, le spécialiste de la restauration et de livraison de sandwiches et de plateaux repas, a ouvert un fond interne en cas d’impayés. Aussi, Class’Croute souhaite aller plus loin en matière de RSE et prévoit l’ouverture d’un restaurant 100% RSE. L’enseigne se penche déjà sur le circuit court et le fait-maison. « La période que nous vivons est à la fois effrayante et passionnante. Elle nous oblige à nous reposer la question du consommateur » , explique Sébastien Chapalain, le président. Et pour assurer la sécurité de ses clients, l’enseigne n’a pas hésité à se lancer, elle aussi, dans le click and collect.

  • 0 contact pour Vengo

Vengo, spécialiste des kiosques numériques, a récemment lancé la première solution d’échantillonnage sans contact. Le principe ? Le client se connecte à la machine et reçoit sa commande sans toucher la borne. Vengo mise sur sa nouveauté pour développer sa compréhension du consommateur afin de booster les ventes de ses clients distributeurs. Un signal de l’émergence du « no touch », la vente sans contact ?

  • Masque obligatoire mais éthique avec Dream Act

Dream Act vend des masques, mais des masques éthiques ! La plateforme de e-commerce qui veut démocratiser la consommation responsable et qui regroupe 800 marques et artisans engagés, a concentré son activité sur la vente de masques en tissu. La plateforme a également refusé de vendre tout masque à usage sanitaire qui doit, selon Dream Act, être réservé au soignants. La cofondatrice, qui porte un fort plaidoyer sur la consommation responsable, a fait parler d’elle avec sa récente tribune : « Pourquoi je n’achèterai pas de toboggan sur Amazon pour ma fille en ce moment ?  »

  • Traçabilité des médicaments pour Meditect

En matière de transparence,  Meditect a des arguments !  Juste avant le déconfinement, la jeune startup bordelaise spécialisée dans la traçabilité des médicaments a levé 1,5 million d’euros pour déployer sa solution. Grâce à la technologie blockchain, les pharmacies partenaires pourront authentifier leurs inventaires en scannant chaque boîte du stock. Pour rappel, un médicament sur six est falsifié dans le monde, selon l’Organisation mondiale de la Santé. 

Et demain… la distribution continuera-t-elle de soutenir gratuitement des publics ?

En quête de proximité et de générosité, les consommateurs sont très friands des initiatives solidaires qui semblent s’affranchir des codes marketing habituels. Quand l’empathie et l’humain triomphent, l’expérientiel prend tout son sens.

  • Concerts pour The Kooples

Kooples, la griffe rock, a joué à fond la carte communautaire pendant le confinement. Sur son compte Instagram, la marque a décidé de miser sur une relation non marchande avec sa communauté. Elle invite des artistes à jouer en live pour les diffuser sur ses canaux digitaux, lance des concerts tous les vendredis et des playlists chaque semaine. Et les jeunes clients adorent poster leurs selfies avec les vêtements de la marque qui sait s’en saisir pour les poster sur ses réseaux sociaux.

  • Entraînements numériques pour Nike et Decathlon

Nike n’est pas restée les bras croisés pendant le Covid-19 !  La marque à la virgule a lancé son Living Room Cup, une série d’entraînements numériques. Des athlètes d’envergure mondiale, comme Cristiano Ronaldo, lancent des défis que les internautes doivent relever. Dans la même veine, on retrouve une autre initiative de Decathlon, qui avait déjà gagné le cœur des Français avec son fameux masque Easybreath. L’enseigne préférée des Français a, elle aussi, invité ses clients à la pratique du sport. Comment ? En offrant les accès à ses plans d’entraînement gratuitement. Cardio-fitness, boxe, pilates… il y en a pour tous les goûts. Decathlon affirme à nouveau superbement sa raison d’être. 

©Alexander Rothker
  • Faire savoir le soutien des citoyens pour DoohYouLike

Nous sommes nombreux à avoir applaudi et remercié chaleureusement ces soignants et ces travailleurs qui ont pris des risques pendant la pandémie. Une réalité qui a poussé l’entreprise DoohYouLike, spécialisée dans l'installation de panneaux digitaux en magasin, à innover. Les clients sont invités à partager leur solidarité avec le personnel en point de vente en prenant un selfie et en écrivant un court message. Les posts solidaires ont été diffusés sur 500 écrans dans 300 magasins en Ile-de-France. « À notre échelle, nous avons fait de nos écrans un réseau social engagé in real life, avec pour objectif de partager des bonnes ondes et accompagner les Français dans cette période si singulière » , explique Fabrice Guez, le cofondateur.

Faire ses courses pendant le confinement, avec la distanciation sociale, c’est aussi être confronté à de longues files d’attentes. Qu’à cela ne tienne ! Chez Monoprix, on a lancé une « gazette de la file d’attente ». La file d’attente, le nouvel élément clé des stratégies marketing des distributeurs ? Nul doute que la retail tech y travaille d’arrache-pied ! Solidaire, Fila Indiana, indique aux clients, grâce à son application, le temps d’attente devant les magasins... de façon à fluidifier les parcours et réduire la proximité.

  • IKEA baisse ses prix face à la baisse potentielle de pouvoir d’achat

Propice à l’intimité, le Covid-19 serait aussi la promesse d’un baby-boom ! C’est ce que prévoit en tout cas IKEA. L’enseigne suédoise d’ameublement envisage ainsi d’augmenter ses stocks de fournitures bébé. Mais pas seulement ! Le groupe prévoit également de baisser les prix de plusieurs produits et d'élargir sa gamme de produits bon marché. L’enjeu pour l’entreprise ? Anticiper une baisse du pouvoir d’achat de ses clients post-confinement. « Les tendances sont similaires à ce que nous avons vu après la crise financière en 2008, les gens ont moins d'argent » , a déclaré récemment Jesper Brodin, le PDG à Reuters.

Et demain… la distribution continuera-t-elle de prêter main forte ? 

La pandémie était à son pic, il fallait réagir vite pour participer à l’effort collectif. Les entreprises de la distribution les plus agiles ont pu répondre rapidement aux besoins, tant matériels qu’humains. Certaines ont inventé de nouvelles solidarités et débloqué des ressources qui manquaient tant... quand d’autres ont profité du confinement pour accélérer leur transition écologique et sociale, et offrir des solutions durables, à des consommateurs toujours plus soucieux de la protection de l’environnement et des solidarités. Sélection. 

  • Besoin de renforts humains ? Laponi a la solution

Que faire quand les salariés manquent ? Certains acteurs de la distribution ont puisé dans les effectifs d’autres entreprises qui ont dû fermer, dans la restauration ou le prêt-à-porter par exemple. La grande distribution a joué le jeu et l’on parle déjà d’une centaine de transferts de salariés. La startup Laponi propose une solution d’accompagnement. Comment ça marche ? Un algorithme sélectionne des profils pour répondre à l’absentéisme d’un salarié et automatise toutes les étapes, du contrat à la signature !    « C'est en train de se mettre en place et c'est la première fois que cela prend autant d'ampleur en France » , se réjouit Marion Oliveira, la fondatrice de la plateforme. Il faut dire que la pratique pourrait bien se développer à l’avenir si on l’encadre d’avantage…

  • Solidarité alimentaire pour Meal Merci!

Et demain, un retail circulaire et solidaire ?  Meal Merci! est une jeune startup parisienne qui livre des paniers apéros et des brunchs confectionnés à partir de produits exclusivement locaux et avec un service zéro déchet. Malgré la fermeture de sa cuisine, Meal Merci! n’a cessé de contribuer à son échelle à plusieurs actions de solidarité. La startup a cuisiné pour les soignants et reversé un euro pour chaque commande au collectif Raliment qui distribue des repas aux plus précaires.

  • Mise à disposition de flottes pour les concessionnaires

L’industrie automobile et son tissu important de concessionnaires dans les territoires a su se montrer solidaire. Le concessionnaire CAMA, en Guadeloupe, a mis à disposition de la Croix-Rouge, en pleine crise sanitaire, plusieurs de ses véhicules pour lui permettre de répondre à ses missions auprès des familles fragilisées. Le réseau Opel a fait la même opération pour le personnel soignant, dès le mois de mars .