Et demain, des matériaux durables pour réinventer nos habitats 

© Greenkub

Il n’y a pas que les fournisseurs de tiny houses qui cartonnent dans l’Hexagone ! GreenKub, une startup française commercialise des studios de jardin en bois. De 11 à 42m2, ces petites maisons écologiques sont vendues clés en main. Et les perspectives sont plutôt bonnes pour la jeune entreprise puisque 67% des Français seraient prêts à accueillir un studio dans leur jardin. Sans parler de ces étudiants qui se retrouvent sans hébergement à la rentrée faute d’appartements libres sur le marché.

Et si demain, on montait des maisons comme des LEGOs ? Oui, mais en plastique recyclé ! Igor Ustinov est un sculpteur suisse qui a décidé de fabriquer, à partir du plastique recyclé des bouteilles en PET et PEF (polymères non biodégradables), des profilés de construction standardisés. Les poutres et briques peuvent être montés pour réaliser une maison et même un bâtiment à huit étages ! Igor a visité Davos en janvier pour présenter la solution et cherche l’endroit parfait avec son associé pour réaliser la première maison pilote ; dans la banlieue d’Annecy pour un agriculteur ou un hôtel à Dakar ? Qu’importe, pour les entrepreneurs, ce premier prototype doit être symbolique d’un nouveau monde technologique, porteur d’humanité et respectueux de la nature. À suivre, donc… 

Et demain, des habitats qui nous ressemblent 

On connait tous Animal Crossing, ce célèbre jeu qui permet de simuler nos vies ! Et sa dernière version Animal Crossing New Horizon devrait aider à consolider sa légende avec 22,4 millions d’exemplaires vendus en cinq petits mois et en plein confinement. Sa particularité ? Le jeu, que l’on peut retrouver sur la Nintendo Switch, a mis l’accent sur la décoration intérieure. Et il y en a pour tous les goûts, puisque que les joueurs peuvent choisir parmi une multitude de papiers peints, de meubles et de couleurs. En manque d’imagination ? Un studio de décoration peut même vous aider dans vos choix pour 40 dollars de l’heure. Même le géant IKEA a revisité son catalogue façon Animal Crossing. Bref, la plateforme intéresse les marques qui y voient un nouveau terrain de jeu plutôt lucratif…

© Nintendo
Animal Crossing New Horizons

S’il y a bien un sujet qui agite le débat public depuis quelques années, c’est le bien-être des animaux. Tandis que notre compréhension de l’impact écologique des biens et services que nous consommons augmente, notre conscience de leur impact sur le bien-être des animaux prendra-t-il le même chemin ? En attendant, on parle de plus en plus de construction végétarienne et de « vegan design ». Deborah DiMare est une décoratrice d’intérieure qui cartonne depuis le confinement avec ses services de conception virtuels. Elle a même reçu le titre de la meilleure entreprise de design intérieur végétalien du monde. Deborah fait aussi partie de la Vegan Design Organisation, qui sensibilise les designers du monde entier à cette nouvelle pratique. Et demain, on entendra peut-être au détour d’une conversation « Hey, tu as vu ma table basse, elle est 100% cruelty free » !

Et demain, des habitats qui nous protègent 

Malgré ses conséquences dramatiques, la crise sanitaire liée au Covid-19 aura aussi inspiré les designers. Franck Chou a conceptualisé une lampe stérilisante diffusant de la lumière ultraviolette. Posez en toute confiance vos jeux de clés, cartes de visite et portefeuille dans son petit réceptacle, la lampe se chargera d’y éliminer les pathogènes éventuels. Autre invention surprenante, Franck Chou et Pino Wang ont élaboré le Time-Changing Hand Sanitizer. Il s’agit d’un savon qui passe du rose au violet puis au bleu pour indiquer à l’utilisateur qu’il s’est suffisamment lavé les mains. Bref, la maison passera difficilement à côté des nouvelles contraintes sanitaires en cette période de Covid…

Alexa et Google Home connaissent-ils vraiment tout de nous ? Oui, et même plus encore ! Et si le capitalisme de surveillance était voué à sortir définitivement de nos maisons ? C’est le projet de Electric Château, une entreprise américaine qui a développé BuzzOff, le premier bloqueur d’assistants virtuels avec l’ambition d’aider les gens à reprendre le contrôle de leur vie privée. L’innovation est sur Kickstarter avant d’être commercialisée en octobre aux États-Unis. RGPD compatible, elle pourrait bien arriver chez nous pour nous protéger des oreilles des GAFAMS. 

Et demain, des habitats qui protègent les autres 

Le confinement a été une nouvelle épreuve terrible pour les femmes et les enfants victimes de violences intrafamiliales. Ces femmes, comme celles qui vivent à la rue et qui sont également victimes de violences, doivent impérativement se mettre à l’abri mais ne le peuvent pas toujours. Pour rappel, le 115 est un numéro d’urgence régulièrement saturé et on estime à 72 000 le nombre de places manquantes. Merci pour l’invit’ est le premier réseau d’hébergement citoyen pour femmes sans abri. Sur la plateforme, vous pouvez choisir d’héberger une femme pour quelques jours ou quelques mois ou simplement offrir une nuit d’hôtel. Le dispositif Merci pour l’invit’ propose à ces femmes de se reconstruire en bénéficiant d’un hébergement chez l’habitant, couplé au suivi d’un travailleur social. Un logement, c’est la première étape pour s’offrir une nouvelle vie.

© jaccueille.fr

Et demain, « Mi casa es su casa » ? C’est la philosophie de jaccueille.fr, la plateforme d’hébergement citoyen à destination des réfugiés lancée par Singa. Le temps de quelques mois ou d’un week-end, vous pouvez vivre une cohabitation unique avec la promesse d’échanges interculturels et d’enrichissement mutuel. Peur de ne pas y arriver ? Singa a tout prévu avec un suivi individualisé pour que le « match » fonctionne à merveille et sans mauvaise surprise. « Bridget a finalement trouvé un poste de vendeuse et un petit appartement. Elle n’est restée que trois mois, mais nous avons créé des liens, très forts et très vite. » : voici le type de témoignage que l’on retrouve sur le site. Changer le monde en offrant quelques semaines la chambre de la grande qui est partie pour faire ses études à un jeune exilé, et si c’était ça demain l’habitat ? Un habitat qui nous grandit et qui crée des liens.

Et demain, des habitats qui nous soignent 

La plus grande et belle des maisons ne protège pas encore de la solitude. Et en la matière, il n’y a qu’un seul remède : le partage ! Saviez-vous que la Grande-Bretagne avait fait sensation en 2017 avec son ministère de la solitude ? Vivek Murthy, ancien administrateur de la Santé publique des États-Unis disait même que la solitude frappait plus de personnes que le diabète ou le tabagisme. De quoi revoir toutes nos règles de vivre-ensemble ! On s’y attèle en Suède avec Sallbo, « une expérience radicale de vie multigénérationnelle à Helsingborg, une petite ville portuaire du sud de la Suède », explique le Guardian. Et ça ressemble à une auberge espagnole, en Suède, absolument réjouissante ! Un ancien enseignant de 92 ans donne des cours d’anglais, des jeunes réfugiés apprennent à conduire et les plus jeunes donnent des cours numériques aux plus âgés… Inutile de rappeler que la convivialité naturelle de la résidence intergénérationnelle a été une véritable force pendant le confinement. Le Canada, l’Italie et l’Allemagne se voient bien copier la formule qui fait le bonheur des résidents. Et demain, des habitats qui font société ?

© Vlad Sargu

Cette année, un concept inédit est sorti de terre pour héberger différemment les personnes atteintes de la maladie d’Alzheimer. Au « Village Alzheimer de Dax », des terrains de pétanque, un coiffeur, un potager, un restaurant, une médiathèque. Tout a été pensé pour stimuler et renforcer le lien social des ainés (de tous les âges) accueillis. Ils peuvent chanter, danser, recevoir même la nuit et même se lever à l’heure qu’ils désirent puisqu’ici ils sont libres. « Ici, pas de contraintes. C’est comme à la maison », explique une soignante du Village Landais Alzheimer. Et si c’était aussi ça l’habitat de demain, se sentir comme à la maison à toutes les étapes (nombreuses et parfois douloureuses) de nos vies ?


<< La Grande Interview : Franck Moreno, Castorama : « Le confinement a été l’occasion de passer à l’acte et de se lancer dans de nouveaux projets »


A suivre : Nouveau Monde, Nouveau Business : Et si la nouvelle valeur de la maison se trouvait dans sa capacité à rendre ses habitants « anti-fragiles » >>