Et demain, plus d’alliances dans la culture 

Multiplier les partenariats, se mettre autour de la table et réfléchir ensemble à l’avenir, s’entraider, se réunir… les acteurs de la culture ont joué la carte de la collaboration et de la communauté. La preuve avec ces trois initiatives qui montrent que nous avons tant à gagner à nous rassembler.

Et pour rassembler, Bollywood n’a pas son pareil ! Qui ne connait pas cette industrie indienne qui multiplie les records à travers le monde ? Au Niger, la génération Y a réussi l’impossible en poussant les réalisateurs nigérians et indiens à collaborer sur des productions. Résultat, le monde du cinéma nigérian en profite ! Désormais, des acteurs nigérians vont pouvoir même être à l’affiche de ces films à succès. Une alliance mondiale et inspirante qui témoigne de la magie de la culture dans sa capacité à rapprocher les populations et à dépasser les frontières.

©Jeremy Thompson

Au cœur de la crise, Télérama et le Théâtre de la Ville lancent « L’urgence des alliances ». Ce que l’on pouvait trouver au programme de cet événement inédit ? Le journal culturel et l’institution ont proposé des débats avec des invités, scientifiques, artistes, philosophes, anciens ministres, producteurs… dans l’objectif de réfléchir ensemble à la culture post-Covid. « Face au danger entrevu, il est impérieux de réagir. D’imaginer les indispensables alliances que doit désormais nouer le monde de la culture s’il veut rayonner comme nous en avons besoin », explique Télérama. Envie d’en savoir plus ? Les débats qui étaient diffusés en Live sont à retrouver ici.

Pendant la crise sanitaire, les artistes du monde entier ont pu échanger à travers la plateforme « The Social Distancing Festival ». L’ambition du site ? « Tout simplement créer une communauté en ligne pour célébrer et mettre en valeur le travail des nombreux artistes du monde entier qui ont été touchés par le besoin de distanciation sociale résultant de la propagation du coronavirus (Covid-19). » Les artistes peuvent y poster leurs productions et tous les amoureux de l’art peuvent les soutenir par des dons. Faites un petit tour sur le site pour découvrir des capsules vidéo de danse par exemple ou vous exprimer sur une table ronde virtuelle. Bref, ici les mots d’ordre sont le partage, la découverte et la collaboration. 

Et demain, plus d’inclusion dans la culture 

Le monde de la culture est en crise ? Et si la résilience consistait à aller chercher de nouveaux publics, en démocratisant la puissance de la culture ? Sûrs de sa capacité de représentation et de projection, certains acteurs poussent les murs, inventent et cassent les codes pour emmener la culture hors des sentiers battus… Et on en redemande ! 

S’il y a bien quelque chose qui pourrait donner du baume au cœur aux écrivains, qui ont dû attendre pour retrouver physiquement leurs lecteurs, c’est la collecte de crowdfunding réussie de Luc Pinto Barreto. Son histoire ? Cet ex agent de maintenance a toujours rêvé de travailler dans une librairie. Mais son CV ne lui permettra pas d’y arriver. Qu’importe ! Luc lance « Dealer de livres », une librairie de rue avant de tenter de se sédentariser. Pas loin de Saint-Denis ? Passez du côté du parvis de la gare, Luc sera surement entrain de conseiller un riverain curieux sur un roman ou une bd… Et si la ténacité de Luc inspirait d’autres amoureux du livre ? Pour demain, faire du 93 – le département le moins pourvu en librairies – un vivier de lecteurs passionnés ? 

©Clément Poplineau

« On n’y pense jamais mais c’est quoi, le rapport à l’art pour un jeune sans-papier de 25 ans ? », voici le genre de questionnement qui traverse les œuvres de Clément Poplineau. Ce jeune artiste lyonnais souhaite briser certains codes propres à la culture qu’il estime trop hermétique aux non-initiés. De quoi s’emparer de la peinture classique pour l’appliquer à une culture contemporaine. Drogues, voitures des forces de l’ordre, Nike Air Max… Clément les conjuguent façon peinture classique, dans un esprit de lutte contre les préjugés. « J’ai peint Amine et j’ai brodé le fond derrière lui avec les couleurs et les motifs de sa région natale. C’est ça, sa relation à l’art maintenant ; l’art a pris une place chez Amine de par la représentation que j’ai faite de lui. C’est une façon qu’il a d’exister différemment qu’avec l’étiquette du clandestin et du galérien. Et c’est cette force de la peinture que je veux entretenir », explique l’artiste. Et nous ? On dit, chapeau !

Que fait donc Valentine, alias Val Och, en parallèle de ses études (licence en médiation culturelle, puis master de recherche en théâtre). Elle se lance sur YouTube, pour défendre sa passion, le 6ème art. Elle épluche et donne à comprendre ce qui se passe dans les coulisses, parle de l’importance des coûts de réalisation et de mise en place d’une représentation et n’oublie rien : location de la salle, salaire de ses employés, des techniciens, des comédiens, des accessoires, des décors, des droits, mais aussi les répétitions, le logement… Et en pleine crise, on a bien besoin de comprendre les défis du milieu ! L’intérêt de ce type d’initiative ? Donner à voir, sensibiliser, faire de la pédagogie sur les métiers et sur cet art qui souffre d’un manque de renouvellement de ses publics. Bref, Valentine dépoussière l’exercice, elle s’adresse aux jeunes et parle cash… Et ça fait du bien !

Et demain, plus d’agilité dans la culture 

À l’instar du musée le plus visité du monde, évidemment, on parle du musée du Louvre ! Il faut dire que notre fierté culturelle nationale n’a pas ménagé ses efforts pour conserver son pouvoir d’attraction ! Bien sûr, on a misé sur des visites virtuelles mais pas que ! Le musée a multiplié les stories sur Instagram et même lancé des challenges pour maintenir les liens avec ses affiocionados qu’il compte dans le monde entier. Résultat ? 10,5 millions de visites virtuelles en seulement 71 jours, soit du 12 mars au 22 mai 2020. 

Les couples amoureux dans des corvettes bleues et roses pastel, West Side Story à l’écran, les pop-corn… Le drive in, dans notre inconscient collectif, renvoyait souvent à un imaginaire américain. Mais une crise sanitaire est passée par là, du coup, le voici qui opère un retour étonnant ! Comme à Londres, ou l’English National Opera (ENO) va lancer son premier opéra en Plein-air. Histoire de regarder et d’écouter La Flûte enchantée de Mozart ou La Bohème de Puccini depuis sa voiture ! 

©Lawren

Et demain, ressuscitera-t-on les artistes ? Au Japon, une intelligence artificielle a écrit un manga : et pas n’importe lequel. Grâce à de nombreuses données, cette dernière a pu se saisir des spécificités de l’œuvre du célèbre mangaka Osamu Tezuka, pour écrire un « inédit » plus de trente ans après sa mort. Bientôt de nouvelles œuvres créées par une IA inspirée de Maupassant ou Dumas ? On vous laisse décider s’il faut s’en réjouir…

Les Micro-folies, vous connaissez ? Ces musées virtuels, qui ambitionnent d’emmener l’art dans les quartiers et les bourgs où il est le plus absent, cartonnent ! Il s’agit d’une plateforme commune alimentée par des musées. Il en existe 70 en France. Et le ministère de la Culture veut aller plus loin en développant un millier d’installations dans l’Hexagone d’ici 2022. Les visiteurs adorent ! C’est ce qu’on appelle démocratiser la culture et demain, ce sera peut-être une réalité pour tous les arts !