Et demain, de nouvelles gouvernances ?

La transition énergétique ? Elle ne se décrète pas ! De plus en plus, elle est le fruit d’expérimentation, de nouveaux modèles, de partages d’expériences et surtout, de l’implication des citoyens. La preuve avec ces quatre initiatives ! 

C’est « dans le débat public et l’acceptabilité que se trouvent les clés de la transition », insiste Jean Karinthi, associé fondateur de l’Hermitage avec son frère Mathieu. Ce tiers-lieu d’une trentaine d’hectares, situé au carrefour des vallées de l’Aisne et de l’Oise, se présente comme un nouveau territoire d’expérimentation collective, d’innovations, et d’expériences durables. « L’avenir de la transition énergétique viendra de la ruralité. L’ancrage et notre connaissance du territoire est une véritable force », explique Mathieu Karinthi. 

© Lhermitage

La crise sanitaire ne fera pas dévier d’un iota les plans de transition énergétique de la ville de Valence, en Espagne ! Et pour cause, on en a même fait une priorité ! Mais avec une nouvelle donne : une collaboration accrue avec les citoyens sur les questions énergétiques. Il y a quelques mois, la ville de la paella (il y avait déjà là une identité de la convivialité et du partage, vous en conviendrez !) a mis le paquet en constituant un groupe de 20 représentants de la société civile, d’entreprises privées, d’universités, d’organismes publics, et même les médias sont de la partie ! L’enjeu ? Définir ensemble une stratégie de transition énergétique… autour d’une paella 😉 ?

Wolfhagen, une commune allemande de 13 276 habitants et de l’énergie, hé bien… ils en ont, et même à revendre ! Cette petite ville chez nos voisins produit 100 % de son électricité issue de sources renouvelables (solaire, éolien). Si l’article de The Conversation parle d’une « démocratie énergétique », c’est que dès 2015, les autorités locales ont joué la carte de la participation coopérative. Désormais, les citoyens sont copropriétaires et co-salariés de l’entreprise publique « Stadtwerke ». Les 800 membres détiennent ainsi 25% de la société énergétique et peuvent même en contrôler les activités ! Et demain, vers des modèles de propriété hybrides ? En attendant, à Wolfhagen, on parle d’une transition réussie, juste et loin de ce qu’on appelle aujourd’hui « l’autoritarisme écologique »…

Difficile de ne pas évoquer la percée, ces dernières années, de l’autoconsommation quand on parle gouvernance ! Se réapproprier la consommation d’énergie, voici la philosophie de Sunleavs, un réseau social de l’énergie solaire, un Solar Social Club, tout simplement. Le concept ? Mettre en relation des habitants pour qu’ils investissent ensemble dans une installation photovoltaïque : « Nous les accompagnons dans le développement de l’installation, dans la gestion du projet et de la communauté, dans la maintenance et la surveillance du système de production », explique Romain Chayla, le fondateur du projet, qui vise un projet pilote d’ici quelques mois. On vous a dit que le Solar Social Club a été récompensé au dernier CES de Vegas avec un Climate Change Award ? Bref, nous, on retient ce réseau social solaire !

© Sachin C Nair

Et demain, de nouvelles énergies ?

La neutralité carbone, en Europe, d’ici 2050 ? Il va falloir renoncer, se sevrer de ressources qui nous font littéralement étouffer aujourd’hui.  Mais par quoi les remplacer ? Quelles seront les énergies renouvelables de demain ? Entre innovation et décentralisation, les solutions pleuvent pour trouver les modèles énergétiques du futur…  

Et si demain, l’énergie provenait de nos… urines ? Comme à Logan City, en Australie où la municipalité a décidé de valoriser les excréments des habitants pour produire de l’électricité et du biochar (charbon d’origine végétale obtenu par pyrolyse de biomasse végétale d’origines diverses). L’enjeu pour la ville ? Devenir neutre en carbone d’ici deux ans. Malin et économe, le processus intéresse les entreprises dans le monde entier. Et demain, tout passera par la chaîne de l’économie circulaire, vraiment tout ?

Ikea a encore frappé en ce début de mois ! Le géant de l’ameublement suédois a décidé de ne plus jamais vendre de piles jetables d’ici un an, au profit des piles rechargeables. Il faut dire que c’est la course à la pile écolo pour enfin dire adieux aux piles jetables. Et cocorico ! À Grenoble, BeFC, une startup a créé une biopile flexible et ultraplate à faible impact environnemental en papier. Les marchés visés sont ceux de l’IOT, comme la logistique et la santé (patchs médicaux). Clearblue, le pro des tests de grossesse a signé un contrat avec la startup qui vient de lever 3 millions d’euros. Il fallait bien ça pour appuyer sur le bouton off du lithium, dont l’extraction est plus que problématique… 

Alors comme ça, la France et l’Europe mettent le paquet sur l’hydrogène ? 10 milliards sur la table en Allemagne et chez nous, la filière va pouvoir compter sur une enveloppe de 7 milliards d’euros.  Si on annonce la maturité de l’hydrogène pour 2030, c’est qu’il lui reste de nombreux défis à relever (réduire les couts environnementaux de sa production pour commencer !). Mais là aussi, la France n’est pas en reste grâce à Athena Recherche et Innovation qui, depuis 2016, se concentre sur une bactérie pour produire de l’hydrogène à partir des eaux usées des stations d’épuration. Pourquoi c’est important ? L’entreprise peut produire ainsi de l’hydrogène décarboné, local et non délocalisable.  De quoi multiplier et remporter des concours d’innovation depuis quelques mois…

© Greg Rosenke

Et demain, une énergie collective ! 

Découvrir et apprendre des autres, changer de méthodes de travail et d’innovation, sortir de la logique des silos et du chacun pour soi, dénicher toutes les bonnes idées là ou n’a pas l’habitude de se pencher… des défis majeurs pour les organisations qui doivent entamer leur transition énergétique et changer de modèle pour demain, concilier sobriété et économie.

Le point commun entre Danone, BNP Paribas et Engie ? Une conviction commune : les entreprises et leurs collaborateurs sont aujourd’hui en mesure de devenir des acteurs positifs de la société en conciliant activités business et attentes sociétales & environnementales. Il y a un an, les trois groupes ont réuni leur collaborateurs intrapreneurs pour une journée de co-développement dans le cadre de la « Engie Good Galaxy ». En voilà, de l’intelligence et de l’énergie collective : « Nous nous sommes réunis parce que nous partagions les mêmes valeurs et les mêmes envies. Nous nous sommes aperçus que nous comptions, tous les trois, des intrapreneurs à impact positif dans nos rangs. En alliant nos ressources, nous pourrions alors sans doute aller plus vite ensemble. Parce que finalement, nos activités peuvent être complémentaires. BNP Paribas peut financer un projet. Engie peut l’industrialiser. Et Danone peut apporter des solutions produits. Nous essayons de répondre à un besoin sur le terrain », explique Valérie Gaudart, directrice du pôle Culture et Communauté chez Engie. 

Derrière nos livraisons de colis, se cache un coût environnemental insoutenable. La filière logistique et transport espère d’ailleurs réduire son impact d’un million de tonnes de CO2 par an. Revoir nos habitudes de consommation ? C’est bien, mais ça ne suffira pas. Pour accélérer la transition énergétique du transport et de la logistique, 11 poids lourds du monde économique se réunissent dans le cadre d’une coalition internationale. Parmi les acteurs ? Engie, Carrefour, Faurecia, Michelin… tous se sont accordés autour de trois objectifs : élargir leur source d’énergies propres, réduire la consommation d’énergie par kilomètre transporté et éliminer une part importante des émissions associées au transport et à la logistique. Et demain, toutes les entreprises travailleront ensemble, comme une équipe, pour viser la neutralité carbone ?

Energy Oberver, aussi nous fait rêver !  Ce navire à hydrogène fend les mers pour réaliser un tour du monde en totale autonomie énergétique. Mais ce n’est pas tout, cette Odyssée magique explore des solutions concrètes et développe des technologies pour accélérer la transition écologique.  À l’origine de ce projet fou ? Victorien Erussard, un marin au long cours. De Saint-Malo aux Bahamas, découvrez le journal de bord de l’Odyssée sur le site ici. Et si vous avez la chance de tomber sur le bateau, pendant une de ses escales, soyez curieux, montez, découvrez et rêvez… 

© Energy observer

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